Pourquoi EON a souffert en 2013

Reuters

Comme ses concurrents, EON a souffert de la transition énergétique en 2013. Et annonce un nouveau recul de son Ebitda et de son bénéfice net pour 2014.

Le numéro un allemand de l'énergie EON a vu ses bénéfices chuter l'an dernier, selon des chiffres publiés mercredi, en ligne avec les attentes et qui reflètent ses difficultés face à la transition énergétique en cours en Europe.

Le bénéfice net récurrent du groupe a chuté de 46% à 2,24 milliards d'euros et l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) de 14% à 9,32 milliards. Ces deux résultats s'inscrivent dans la fourchette donnée par EON en novembre dernier. Le chiffre d'affaires a reculé de 7% pour s'établir à 122,4 milliards d'euros.

Ces chiffres reflètent les conditions de marché difficiles mais aussi de gros désinvestissements effectués au cours de l'année. Le groupe a ainsi cédé peu à peu l'essentiel de ses distributeurs régionaux d'électricité en Allemagne.

L'érosion des bénéfices va continuer cette année, avec un nouveau recul anticipé de l'Ebitda et du bénéfice net. Le premier devrait descendre dans une fourchette de 8 à 8,6 milliards d'euros, et le second devrait s'afficher entre 1,5 et 1,9 milliard, précise le groupe.

Comme ses concurrents allemands et européens, EON est mis à mal par la transition énergétique en cours en Allemagne et sur un certain nombre d'autres marchés où il est présent. La concurrence des énergies renouvelables subventionnées notamment pèse sur la rentabilité de ses activités de production fossile d'électricité, son coeur de métier historique.

EON a ainsi décidé la fermeture de centrales d'une capacité totale de 13 gigawatts, selon son communiqué, ce qui correspond à plus d'un quart de ses capacités de production européennes.

La semaine dernière, son grand concurrent allemand RWE, qui souffre des mêmes maux, avait publié sa première perte annuelle depuis plus de 60 ans, tandis que le troisième énergéticien du pays, EnBW, a vu son bénéfice net plonger de 90%. Le français GDF Suez aussi a annoncé de grosses pertes pour 2013 du fait de dépréciations d'actifs massives.

EON est lancé dans une réorientation en profondeur qui passe par l'implantation sur de nouveaux marchés comme la Turquie ou le Brésil et un engagement renforcé dans les renouvelables.

Mais "dans les années à venir EON ne pourra dégager de son activité courante que des moyens limités pour de nouveaux investissements", prévient le groupe dans son communiqué, et une partie de ces fonds devront être affectés à l'entretien de ses centrales et de ses réseaux.

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