"Pourquoi former au démantèlement alors qu'il y a du personnel étranger moins cher"

©© ENGIE Electrabel

Le démantèlement des centrales demandera certes de la main d'œuvre, mais spécialisée. Un bain de sang social est pressenti dans le secteur, surtout auprès des entreprises tierces.

L'arrêt des investissements d'Engie Electrabel dans la prolongation du nucléaire à Doel et Tihange ne sera pas une mesure neutre pour l'emploi. Chaque site emploie 1.500 à 2.000 salariés Engie Electrabel; un nombre qui fluctue notamment au rythme des révisions. À côté de cela, s'ajoute un nombre équivalent de contractants.

1.500
emplois
Chaque site occupe 1.500 à 2.000 salariés Engie Electrabel. A côté de cela, s'ajoute un nombre équivalent de contractants.

Démanteler, n'est pas gérer

Les voix sont unanimes pour dire qu'une gestion de centrale ne demande pas les mêmes compétences qu'un démantèlement. "Un démantèlement prend du temps et s'effectue souvent par une société spécialisée avec quelques acteurs opérationnels propres à la centrale", explique Romain Wijckmans, syndicaliste Gazelco. "On suppose que le gros des troupes viendra de cette entreprise tierce."

Des pertes d'emplois sont donc à craindre. Le socialiste Christophe Collignon, ministre wallon, mais surtout bourgmestre empêché de Huy où se situe Tihange, affirme qu'il aura un impact socio-économique sur sa commune.

"Un démantèlement prend du temps et s'effectue souvent par une société spécialisée avec quelques acteurs opérationnels propres à la centrale."
Romain Wijckmans
Syndicaliste Gazelco

L'emploi indirect ciblé

La crainte principale porte surtout sur l'avenir des emplois des sociétés contractantes. En effet, la convention collective 326 du secteur détient depuis 1962 un accord sur la stabilité de l'emploi.

Il prévoit pour les salariés directs d'Engie Electrabel un reclassement sur le site ou ailleurs dans le groupe lors de chaque arrêt ou fermeture d'une activité. Ce fut encore le cas avec la fin de la centrale des Awirs.

"Mais si toutes les centrales sont à l'arrêt, Engie aura encore besoin d'emplois, mais moins et avec d'autres compétences", affirme Damien Defourny, un opérateur à Tihange. Il se montre peu optimiste quant à l'éventualité de voir Electrabel former le personnel au démantèlement. "Pourquoi le ferait-il alors qu'il peut avoir du personnel moins cher à l'étranger?"

De son côté Engie insiste: cette non prolongation est un des scénarios étudiés. Une analyse est aussi en cours sur les moyens et les compétences nécessaires au démantèlement.

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