"Prolonger le nucléaire nécessitera une garantie sur les investissements", selon Engie

©ANP

Si la Belgique choisit de prolonger certains réacteurs nucléaires, cela nécessitera d’importants investissements. Des investissements sur lesquels Engie réclame un mécanisme de garantie.

Si Engie se fait discret dans le débat autour du pacte énergétique, sa position est bien connue: prolonger les centrales nucléaires est le scénario le plus raisonnable. Cela nécessite toutefois des investissements considérables, pour lesquels le groupe veut une sécurisation.

Inspiré du modèle anglo-saxon

"Si les prix de l’électricité s’effondrent, il faut que nos investissements soient protégés."
Pierre Mongin
Directeur général adjoint d'Engie

"Prolonger le nucléaire coûtera moins cher que développer massivement les renouvelables, mais cela coûtera cher tout de même, explique Pierre Mongin, directeur général adjoint du groupe Engie, qui supervise les activités au Benelux. Pour prolonger Tihange 1 et Doel 1 et 2, nous nous sommes engagés à investir 1,3 milliard d’euros. C’est un effort énorme, et que nous devons financer. Si le gouvernement belge décide de prolonger d’autres réacteurs, il faudra une régulation sérieuse, comme il en existe au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, qui nous protège de variations trop fortes de prix."

Pas question de parler de soutien au nucléaire, mais bien de sécurisation de l’investissement, pour le responsable d’Engie. "Regardez le système de ‘contract for difference’ qui existe au Royaume-Uni. Ce que nous voulons, c’est un tunnel: si les prix de l’électricité sont tellement élevés que nous faisons des bénéfices extraordinaires, il n’y a pas de raison que nous les gardions. Mais si les prix de l’électricité s’effondrent, il faut que nos investissements soient protégés."

"Qu’il y ait prolongation des centrales nucléaires ou pas, nous sommes prêts."
Pierre Mongin

Mais comme il l’a déjà souvent répété, Engie souligne que le choix du mix énergétique à venir est de la responsabilité des autorités. "Notre dessein d’industriel, c’est de supporter le scénario énergétique du pays, quel qu’il soit, et de profiler Electrabel pour cela. Nous avons déjà fait énormément dans le B-to-B et dans le B-to-Csouligne Isabelle Kocher, directeur général d’Engie. Electrabel est depuis plus de 100 ans l’acteur central dans l’énergie. Qu’il y ait prolongation des centrales nucléaires ou pas, nous sommes prêts."

Et vu de Paris, les choses avancent. "Quand je suis arrivé il y a bientôt trois ans, la Belgique n’avait pas de vision long terme en matière d’énergie, juge Pierre Mongin. Depuis, le débat a beaucoup progressé. La ministre Marghem a lancé le chantier avec beaucoup de détermination, et le Premier ministre fait un travail remarquable. Je suis serein."

Des activités qui souffrent

En attendant, les résultats de la business unit Benelux sont en net recul: l’ebitda a chuté de près de 27%, et n’atteint plus que 551 millions d’euros en 2017. "Nous avons connu un certain nombre d’arrêts de réacteurs, et nos activités nucléaires ont continué à souffrir de la baisse des prix, parce que notre politique de couverture, qui nous amène à vendre un tiers de notre production trois ans à l’avance, génère une inertie embarquée", explique Isabelle Kocher.

"Heureusement, la dynamique retrouvée dans les activités de fourniture d’énergie et de services aux clients particuliers et surtout aux clients professionnels a permis de compenser en partie ces difficultés", complète Pierre Mongin.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content