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Provisions nucléaires: le financier d'Engie Benelux prend la tête de Synatom

Synatom est la filiale d'Engie chargée de gérer les provisions nucléaires. ©Photo News

Robert Leclère, en place depuis 2006, passe le témoin à Dimitri Stroobants, directeur général adjoint d’Engie Electrabel au profil financier. Une page se tourne alors que Synatom se meut en véritable fonds de pension.

Après 15 ans de bons et loyaux services, Robert Leclère cède sa place à la tête de Synatom, la filiale d'Engie spécialisée dans le cycle du combustible nucléaire en Belgique, mais surtout responsable de la gestion des provisions nucléaires. Cette décision a été actée lors de l'Assemblée générale de l'entreprise du 12 mai dernier, ainsi que la nomination d'un nouveau CEO, effective immédiatement.

"J'ai eu l'occasion de placer Synatom dans des perspectives de long terme."
Robert Leclère
Ancien CEO de Synatom

"J'ai eu l'occasion de placer Synatom dans des perspectives de long terme. L'entreprise est en ligne pour répondre à ce que souhaite le gouvernement. Je n'ai pas laissé une entreprise à l'abandon", sourit Robert Leclère lorsque nous lui demandons de se pencher sur l'héritage laissé à son successeur. Notons que l'ancien CEO de Synatom aura passé 40 ans au service du secteur nucléaire.

Pour le remplacer, le conseil d'administration a donc opté pour Dimitri Stroobants, un homme d'apparence discret, mais bien connu de la maison bleue. Contrairement à Robert Leclère, ingénieur de formation, le nouveau patron présente un fort profil financier. Après des études supérieures à l'ICHEC, Dimitri Stroobants a fait ses armes dans le secteur bancaire avant de rejoindre Suez en 2000. Il grimpe alors les échelons jusqu'à prendre la tête du département financier d'Electrabel en 2005. C'est en 2016 qu'il est nommé directeur financier d'Engie Benelux, peu de temps avant d'occuper le poste de directeur général adjoint d'Engie Electrabel.

Fonds de pension

Un financier pour diriger une entreprise à l'expertise hautement technique en matière d'énergie nucléaire? Rien d'étonnant au regard de l'évolution de l'expertise de Synatom. En effet, alors que la Belgique a fait le choix de fermer ses sept réacteurs à l'horizon 2025, l'une des responsabilités les plus techniques de Synatom, à savoir "l'amont du cycle du combustible", est amenée à disparaître. Propriétaire des matières fissiles, Synatom a en effet reçu la consigne d'écouler ses stocks et de ne plus les renouveler.

Cependant, l'arrêt des réacteurs et des commandes de combustible par Synatom ne signifie pas la transformation pure et simple de la société en "coquille vide" financière. "L'autre pôle d'activités de Synatom, celles touchant à 'l'aval du cycle du combustible' (toutes les opérations qui seront effectuées entre la vidange des piscines de désactivation des unités nucléaires et le stockage définitif, NDLR) restera essentiel", avance Robert Leclère. Toutefois, l'homme reconnait que les aspects financiers, à savoir la gestion des provisions nucléaires, se feront plus prégnants, au point de "faire ressembler Synatom à un fonds de pension".

"L'aval du combustible restera une compétence essentielle de Synatom, mais il est clair que la finance deviendra importante, voire très importante."
Luc Dufresne
Président de la Commission des provisions nucléaires

Un constat partagé par Luc Dufresne, le président de la Commission des provisions nucléaires, qui nous confie: "l'aval du combustible restera une compétence essentielle de Synatom, mais il est clair que la finance deviendra importante, voire très importante."

Contrôle renforcé

Alors que l'initiation du démantèlement des centrales approche, l'objectif du gouvernement belge est aujourd'hui de s'assurer de la disponibilité des provisions nucléaires.

13,8
milliards D'euros
Le montant total des provisions nucléaires s'élève, fin 2020, à 13,8 milliards d'euros.

Aujourd'hui, celles-ci se montent à 13,8 milliards d'euros. La prochaine révision triennale aura lieu en 2022.

À ce titre, Luc Dufresne rappelle qu'un projet de loi visant à remplacer la loi actuelle est en cours de préparation, avec pour objectif de renforcer les mécanismes de gouvernance et de contrôle du fonds.

En parallèle, la possibilité d'une externalisation du fonds pourrait être étudiée, conformément à la volonté du gouvernement Vivaldi.

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