Quand les prix énergétiques mettent en péril la compétitivité

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A ce tarif énergétique là, les industries belges vont déménager, lance le président de la fédération des consommateurs industriels d'énergie.

Les prix d'électricité sont toujours aussi pesants pour les grands utilisateurs industriels belges. Ces acteurs restent confrontés à un handicap concurrentiel dont la surcharge peut aller jusqu'à 40%, par rapport aux pays voisins, avec un pic de plus de 70% enregistré en Wallonie en 2015. C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par la fédération des consommateurs industriels d'énergie, Febeliec.

"Il est illusoire de croire que dans ces circonstances l'industrie va poursuivre sa croissance. Les entreprises déménageront vers des pays meilleur marché, c'est aussi simple que cela", avance le président Luc Sterckx.

La cinquième édition de l'étude de Febeliec fait état de prix énergétiques à destination des grands consommateurs toujours supérieurs à ceux enregistrés en France, Pays-Bas et surtout en Allemagne.

1,8 million
Une entreprise wallonne avec une consommation annuelle de 100 GWh paiera son électricité en moyenne 1,8 million d'euros de plus par an que ses concurrents dans les pays voisins.

Les consommateurs de 100 à 1.000 GWh paient ainsi 10 à 40 % de plus pour leur électricité que leurs concurrents à l'étranger. C'est en Wallonie que le handicap énergétique est le plus important. Une entreprise dont la consommation annuelle atteint 100 GWh paye son électricité en moyenne en Wallonie 1,8 million d'euros par an en plus par rapport à une entreprise concurrente d'un pays voisin. En Flandre, cette différence se monte à 1,1 million d'euros. Pour les plus gros consommateurs (1.000 GWh par an), la différence entre le nord et le sud du pays est encore plus prononcée avec une facture moyenne de 4,8 millions d'euros par an en Flandre et de 6,4 millions en Wallonie.

Certes cette différence s'est légèrement réduite sur un an. Les prix du marché ont en effet connu une baisse grâce à une plus grande disponibilité au sein des centrales belges mais également à la réduction de la taxe sur l'électricité. "Il n'en reste pas moins que cette différence reste substantielle", avance Luc Sterckx.

Le coût le plus important réside dans les frais du réseau (de transmission), là où les utilisateurs perçoivent à l'étranger des réductions allant jusqu'à 90% sur le transport de l'électricité. Un tel système n'existe pas en Belgique.

Cette étude est l'occasion pour Febeliec de taper une fois de plus sur le clou et demander l'introduction d'une norme énergétique."Malgré un engagement concret dans différents accords de gouvernement pour introduire une norme énergétique, aucune action concrète n'a été prise depuis des années", insiste le président.

©Document Febeliec

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