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"Qui est le patron de la politique énergétique? Mestrallet ou Marghem?"

Jean-Marc Nollet (Ecolo) - Kristof Calvo (Groen) ©Photo News

Les députés Jean-Marc Nollet (Ecolo) et Kristof Calvo (Groen) estiment qu'Electrabel organise la pénurie d'électricité avec la complicité du gouvernement.

Le groupe Ecolo/Groen a accusé mercredi Electrabel d'organiser la pénurie d'électricité afin d'y gagner financièrement sur deux fronts, avec la complicité du gouvernement fédéral qui se braque idéologiquement sur le nucléaire.

Un calendrier particulièrement favorable au géant de l'électricité en Belgique en est la preuve, selon les députés Jean-Marc Nollet (Ecolo) et Kristof Calvo (Groen).

Electrabel a en effet reporté au 1er juillet prochain le délai d'indisponibilité des réacteurs de Doel 3 et Tihange 2, alors que le volume de la réserve stratégique - ces unités bénéficiant de soutien public, dont la ministre de l'Energie Marie-Christine Marghem a annoncé le quadruplement - sera déterminé par arrêté ministériel fin juin.

Ce faisant, Electrabel empêche le gouvernement de prendre une décision en toute connaissance de cause, selon M. Nollet. Et en pouvant décider seul de la fermeture des centrales thermiques non rentables, Electrabel fixe un cadre de production qui lui permettra de les rouvrir par la suite afin de renflouer la réserve stratégique et capter le soutien public.

"C'est jackpot sur les deux fronts: les vieux réacteurs nucléaires sont prolongés et les prix élevés sont maintenus artificiellement via des réserves stratégiques", résume Kristof Calvo.

"Electrabel monopolise le marché de l'électricité et organise la pénurie. Qui est le patron de la politique énergétique en Belgique ? M. Mestrallet (patron de GDF-Suez, maison-mère d'Electrabel, NDLR) ou Mme Marghem?", demande-t-il.

Le gouvernement fédéral, quant à lui, se laisse enfermer dans ce calendrier pour des raisons idéologiques, estime Jean-Marc Nollet: il s'est braqué sur les choix nucléaires pour montrer sa prétendue différence, alors qu'une alternative existe.

"Vous ne connaissez pas le secteur", répond Electrabel à Ecolo/Groen. Electrabel dément ces accusations, affirmant que le calendrier présenté par Ecolo/Groen "n'a strictement rien à voir" avec une quelconque volonté d'organiser la pénurie, car le report au 1er juillet de la durée d'indisponibilité de Doel 3 et Tihange 2 est dû à des questions supplémentaires, requêtes et autres suggestions posées par l'AFCN, l'Agence fédérale de contrôle nucléaire.

Electrabel souligne aussi que la fermeture de centrales aux gaz en Belgique et en Europe ne lui est pas propre. "C'est la forte détérioration des conditions de marché et le fort soutien au renouvelable qui ont rendu non rentables, partout en Europe, ces centrales qui assurent l'approvisionnement en cas de pics de consommation ou quand il n'y a ni vent ni soleil".

Elle rappelle que la décision de sortie du nucléaire en 2003 n'a pas été accompagnée d'une stratégie à long terme permettant d'attirer les investissements nécessaires pour assurer le remplacement des capacités à fermer.

La ministre fédérale de l'Energie, Marie-Christine Marghem, réfute elle aussi les accusations du groupe Ecolo/Groen à la Chambre.

La prolongation des réacteurs Doel 1 et Doel 2 fait l'objet de négociations avec Electrabel qui doivent aboutir pour le 30 novembre prochain, sans quoi cette prolongation n'ira pas au-delà du 31 mars 2016. "Ce n'est donc pas Electrabel qui dicte sa loi", soutient Marie-Christine Marghem.
La loi prévoit qu'un producteur qui annonce la fermeture d'une centrale thermique est obligé de participer à l'appel d'offres pour la réserve stratégique.  "Dans l'hypothèse où le prix demandé pour participer à la réserve stratégique est jugé déraisonnable par le régulateur fédéral (Creg), la ministre peut imposer, par arrêté royal, les prix et les volumes à un ou plusieurs soumissionnaires, au nom de la sécurité d'approvisionnement", ajoute Mme Marghem.

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