Resa estime à 65 millions le coût de remise en état de son réseau à Liège

Dans toute la région, des canalisations ont été inondées et arrachées. ©REUTERS

Le réseau de distribution d'électricité et de gaz de la province de Liège a été gravement impacté par les intempéries. Selon le gestionnaire Resa, les travaux de réparation devraient coûter autour de 65 millions d'euros.

"Nous avons connu une véritable catastrophe sur le réseau énergétique, tant pour le gaz que pour l'électricité." C'est de cette façon que le directeur général du gestionnaire du réseau de distribution liégeois Resa, Gil Simon, a ouvert une conférence de presse inédite, censée faire état des dégâts provoqués par les intempéries exceptionnelles s'étant abattues sur le sud du pays la semaine dernière.

Bien que les chiffres ne soient pas encore exhaustifs, Gil Simon a raconté "le paysage apocalyptique" auquel ses équipes sont confrontées depuis plusieurs jours. Au total, 400 cabines de distribution électrique ont été inondées - voire arrachées - dans la région et d'innombrables conduites de gaz ont été extraites du sol par la force de l'eau. "De nombreuses conduites sont également infiltrées d'eau et de graviers, ce qui oblige nos équipes à un travail de vérification, puis de purge, minutieux avant de pouvoir reconstruire", a expliqué le directeur.

"Nous devons reconstruire 50 km du réseau électrique et au moins quatre cabines. Chez le citoyen, près de 7.500 compteurs devront êtres remplacés."
Gil Simon
Directeur général de Resa

Au total, quelque 10.000 foyers sont encore privés d'électricité à l'heure actuelle. Pour le gaz, le chiffre est similaire mais le rétablissement de la fourniture n'est pas attendu avant le courant de l'hiver prochain.

"Chantier titanesque"

Pour Resa, c'est un "chantier titanesque" qui s'enclenche. "Nous devons reconstruire 50 km du réseau électrique et au moins quatre cabines. Chez le citoyen, près de 7.500 compteurs devront êtres remplacés." Le coût des réparations s'élève à 20 millions d'euros pour l'électricité seule, d'après les estimations temporaires de Resa, le plus gros des réparations concernant la basse tension, et donc les citoyens. Dans l'intervalle, Resa signale que le maillage du réseau et l'action des groupes électrogènes a permis de rétablir la fourniture en certains endroits.

Pour le gaz, la situation est bien pire. Ici, on parle de 45 km de conduites, soit deux ans d'investissement ordinaire, à remplacer ainsi que 4000 compteurs. Coût estimé: 45 millions. Au total, Resa devra donc débourser au moins 65 millions d'euros pour remettre son réseau énergétique en état, soit l'équivalent du volume d'investissement annuel de l'entreprise.

Resa signale qu'elle profitera de l'occasion pour installer des compteurs intelligents chez les citoyens sinistrés. Côté financement, l'entreprise espère pouvoir compter sur les fonds d'aide qui seront débloqués, tant au niveau national qu'européen. Objectif: éviter que les réparations ne se fassent ressentir sur la facture d'énergie.

Collaboration nationale

Pour mener ses chantiers à bien, Resa a pu compter sur l'aide apportée par les autres gestionnaires de réseau du pays. Aussi, Fluvius (Flandre) et Sibelga (Bruxelles) détacheront des techniciens sur le territoire liégeois. Pour Ores, l'autre GRD wallon, la collaboration se fera dans la réalisation d'études pour le plan de réseau gazier.

"Une réforme des structures ne s'apparente pas nécessairement à une plus grande efficacité."
Gil Simon
Directeur général de Resa

Une collaboration nationale que Gil Simon juge "satisfaisante et efficace" même si certains observateurs y voient l'occasion de rappeler le bien-fondé d'une fusion entre les GRD wallons. Pour eux, une union de Resa et Ores permettrait de bénéficier d'un effet de taille non négligeable au vu de l'ampleur des travaux à réaliser, tant en cas de situations extrêmes que pour le chantier de digitalisation des réseaux essentiel à la transition énergétique. "Une réforme des structures ne s'apparente pas nécessairement à une plus grande efficacité", a commenté le directeur général de Resa à ce sujet.

Investissements à l'arrêt

Naturellement, dans l'attente d'aides extérieures, Resa se retrouve contraint à mettre ses plans d'investissements ordinaires en pause. "À l'heure actuelle, la priorisation est nécessaire", explique Gil Simon. "Nous ne saurons sans doute pas faire tout ce que nous avions prévu en termes d'investissements", poursuit-il, invoquant aussi le manque de forces mobilisables du fait de la catastrophe.

"Nous ne saurons sans doute pas faire tout ce que nous avions prévu en termes d'investissements."
Gil Simon
Directeur général de Resa

Pour la suite, Gil Simon appelle à la coordination entre les différentes parties prenantes aux travaux. Il signale aussi que, même si la désolation reste totale, la sauvegarde des postes à haute tension Elia le long de la Vesdre a permis d'éviter un black-out sur Liège et ses alentours. Selon lui, la situation aurait pu être bien pire encore.

Concernant les travaux de remplacement, Resa n'indique pas prendre de dispositions particulières afin de rendre ses installations plus résistantes aux phénomènes climatiques extrêmes. Ici, on met l'accent sur le caractère exceptionnel et imprévisible de l'événement. La priorité est donc à la gestion de crise, pas à la réinvention des infrastructures.

Le résumé

  • Le réseau de distribution de gaz et d'électricité de Resa a connu d'importants dégâts suite aux intempéries.
  • Plus gravement touché, le réseau gazier ne sera pas rétabli avant l'hiver.
  • Le coût total des travaux est estimé à 65 millions d'euros.
  • Resa espère pouvoir compter sur les fonds d'aide mis en place ainsi que sur la collaboration avec les autres gestionnaires de réseau du pays.

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