Schréder contre Schréder

©doc

Un conflit est né entre actionnaires au sein du groupe familial Schréder, référence mondiale dans l’éclairage public. La bataille prend un tour judiciaire, a appris "L’Echo". L’ancien président Jean Schréder compte intenter une action en rachat forcé.

Le groupe familial Schréder, spécialiste mondial de l’éclairage public, vit des heures compliquées. Outre le départ du CEO André Papoular, intervenu la semaine dernière dans la plus grande discrétion ("L’Echo", 6/11), il nous revient qu’une bataille s’est engagée entre actionnaires familiaux.

La discorde s’est cristallisée, nous explique-t-on à bonnes sources, sur les nouveaux statuts mis au vote lors d’une assemblée générale extraordinaire tenue en juin dernier.

Un point en particulier a soulevé la contestation, celui qui régit la cession d’actions. En substance, l’article 8 prévoit que, lorsqu’une vente est envisagée, le conseil d’administration peut s’opposer à la transaction et trouver un autre acquéreur, en ce compris la société elle-même, à un prix plafonné à la valeur intrinsèque. Cette disposition en particulier ne passe pas auprès de certains actionnaires minoritaires. Parmi eux, Jean Schréder, qui a présidé l’entreprise pendant des décennies jusqu’en 2013. Il s’y serait opposé en des mots durs lors de cette assemblée de la fin juin, nous rapporte-t-on, qualifiant notamment la nouvelle donne d’inacceptable.

Expropriation

Selon l’ancien président du groupe, ces changements permettraient aux actionnaires majoritaires, c’est-à-dire aux autres branches de la famille Schréder, de renforcer leur contrôle sur l’entreprise et ce, par expropriation.

Pas du tout, réagit-on du côté de l’entreprise: ces changements ne sont pas dirigés contre les minoritaires, le seul objectif étant de protéger l’entreprise contre toute entrée au capital d’une partie non souhaitée, voire mal intentionnée.

Actions

Les nouveaux statuts ont été adoptés mais Jean Schréder ne veut pas en rester là. Selon nos informations, une action en nullité de cette assemblée de juin vient de partir en direction de l’entreprise. Elle devrait être suivie prochainement d’une action en rachat forcé devant le tribunal de commerce de Bruxelles.

Deminor mandaté

Selon nos informations, plusieurs autres actionnaires minoritaires ont par ailleurs mandaté le cabinet Deminor pour défendre leurs intérêts et envisager les suites à donner dans cette affaire.

Groupe d’origine liégeoise, Schréder est contrôlé par différentes branches de la troisième génération, les familles Schréder, Keutgen et Gryspeerdt. Partout dans le monde, l’entreprise aux 40 filiales éclaire des autoroutes, tunnels, stades et autres gares au moyen de ses dispositifs LED, notamment.

Le groupe, qui assure 2.600 emplois dont environ 200 en Belgique, a vu ses bénéfices s’éroder au fil des années, tombant à 3 millions d’euros en 2012 en venant de quelque 20 millions d’euros au milieu des années 2000.

Les compteurs sont remontés l’an dernier. Schréder a terminé l’année 2014 sur un chiffre d’affaires de 410 millions d’euros, un résultat d’exploitation de 35 millions d’euros et un bénéfice net de 15 millions d’euros. Ses réserves consolidées dépassent les 130 millions d’euros.

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