"Sérieux revers" pour l'oléduc géant de Trump

©REUTERS

La justice américaine suspend la construction de l'oléoduc Keystone XL. Motif invoqué: l'administration présidentielle a délibérément nié une analyse du département d'Etat.

Sérieux revers pour Donald Trump: un juge fédéral du Montana vient de suspendre la construction de l'oléoduc géant Keystone XL. Ce projet très décrié avait été relancé par le président dès sa prise de fonctions; et ce malgré les risques qu'il fait peser sur l'environnement et les cultures autochtones.

Que dit le juge?

Le juge Brian Morris estime que l'administration Trump a délibérément fait fi d'une analyse du département d'Etat au moment d'autoriser la relance du projet d'oléoduc en mars 2017, peu de temps après son arrivée au pouvoir. Cette analyse jugeait que le projet n'avait pas "d'intérêt national pour les États-Unis" au regard des risques afférents et que Barack Obama avait décidé de bloquer la construction de Keystone XL en 2015.

"Une agence ne peut pas détourner les yeux d'observations factuelles faites par le passé parce qu'elles ne vont pas dans le sens souhaité", a ainsi écrit le juge fédéral.

"Pour justifier son revirement, le département d'État a tout bonnement balayé d'un revers de la main des données factuelles liées au changement climatique", a-t-il poursuivi.

Le juge Morris a enfin accusé le département d'État de ne pas avoir suffisamment pris en compte des éléments tels que la baisse des prix du pétrole, le risque de fuite ou les gaz à effets de serre émis dans le cadre du projet.

La suspension décrétée par le juge fédéral est toutefois temporaire et impose au gouvernement américain d'examiner plus en profondeur les implications du projet sur le climat, la faune et les cultures autochtones.

Mais elle s'apparente à une victoire majeure pour les défenseurs de l'environnement et les communautés amérindiennes, et à un revers de taille pour le président américain, qui avait autorisé dès mars 2017 la construction du pipeline reliant le Canada au Texas, concrétisant ainsi une promesse phare de campagne.

Qu'est-ce que le Keystone XL?

Long de 1.900 km dont 1.450 en territoire américain, cet oléoduc, déjà partiellement en service, est censé relier les champs pétrolifères de la province canadienne d'Alberta à l'Etat américain du Nebraska, pour aboutir aux raffineries du golfe du Mexique. Il est fermement combattu par les communautés autochtones des territoires qu'il traverse, inquiètes des dégâts environnementaux qu'il pourrait causer.

©REUTERS

En novembre 2017, 5.000 barils de pétrole s'étaient déversés dans les plaines du Dakota du Sud, aux Etats-Unis, suite à une fuite sur l'oléoduc Keystone, une des branches de Keystone XL.

Le projet chiffré à 8 milliards de dollars (7 milliards d'euros) date de 2008. Il devrait permettre d'acheminer quotidiennement 830.000 barils de pétrole à travers l'Alberta, le Montana, le Dakota du Sud, le Nebraska et enfin l'Oklahoma et le Texas.

Donald Trump est-il prêt à renoncer?

Le président avait justifié le contournement du blocage décrété par son prédécesseur -au nom de la lutte contre le réchauffement climatique- par la volonté de créer des emplois et de favoriser le développement des infrastructures.

Mais les défenseurs de l'environnement et des populations amérindiennes avaient décidé en mars de poursuivre TransCanada, la société exploitant le projet, ainsi que le département d'État pour obtenir sa suspension.

"L'administration Trump a essayé d'imposer ce projet d'oléoduc polluant à la population américaine, mais elle ne peut ignorer les menaces qu'il fait peser sur notre eau potable, notre climat et nos communautés", a ajouté Sierra Club, qui fait partie des plaignants..

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content