Siemens allonge la liste des victimes dans le solaire

Environ 280 personnes sont concernées par cet arrêt des activités, principalement en Israël. ©Reuters

Faute d’avoir trouvé un acquéreur pour son activité dans l’énergie solaire, Siemens va mettre fin à son business dans ce domaine d’ici 2014.

Siemens avait annoncé la mise en vente de son activité dans le solaire il y a plus de sept mois. "Nous avons reçu quelques marques d’intérêt, mais nous n’avons pas pu réaliser une vente. En conséquence, l’activité va maintenant être arrêtée", a déclaré à l’AFP un porte-parole de Siemens, confirmant une information du quotidien économique allemand "Handelsblatt".
Siemens emploie environ 280 salariés dans l’énergie solaire, principalement en Israël. Il avait acheté en octobre 2009 pour 280 millions d’euros la société israélienne Solel Solar Systems, qui compose encore aujourd’hui une grande partie de ses activités solaires, espérant répéter dans le photovoltaïque et les centrales solaires à concentration le succès qu’il a connu dans l’éolien. Mais depuis 2011, cette activité a perdu au minimum 784 millions d’euros.
Le groupe a donc décidé de jeter l’éponge dans ce secteur, soumis à une féroce concurrence chinoise. Il a annoncé en octobre qu’il mettait ses activités en vente. Aucun deal n’ayant été conclu, il est déterminé à retirer la prise d’ici le printemps 2014, tout en honorant dans l’intervalle les commandes en cours.

Plus de 40 victimes

Le cas de Siemens est loin d’être isolé. Le secteur solaire en général, et le photovoltaïque en particulier, est sinistré. La surcapacité dans le secteur se situerait entre 150% et 230%. La demande plus faible en Europe et la concurrence des panneaux à bas prix fabriqués en Chine ont provoqué des ravages chez les fabricants européens, américains et japonais. Si 68% des panneaux photovoltaïques sont encore installés en Europe, ils sont produits, à 69%, en Chine.
Selon un décompte — incomplet — de Greentech Media, spécialisé dans les technologies vertes, une quarantaine de sociétés auraient fait faillite ou stoppé leurs activités dans le secteur depuis 2012. Parmi elles, l’Allemand Bosch, qui a annoncé fin mars vouloir céder ou fermer ses activités photovoltaïques regroupées dans sa division Solar Energy, qui emploie quelque 3.000 personnes.
Une autre société du secteur faisait l’actualité, ce lundi: Solarworld AG, le plus grand fabricant de panneaux solaires en Allemagne. Selon une série de journaux, l’entreprise, en lourde perte, pourrait être sauvée par Qatar Solar Technologies, une filiale de Qatar Foundation, qui aiderait à financer sa restructuration en prenant 30% du capital.
La Belgique n’a pas été épargnée par le phénomène. L’unique fabricant belge de cellules photovoltaïques, Photovoltech, qui était détenu par Total et GDF Suez, a fait faillite en 2012, entraînant dans sa chute 267 emplois. En 2012 toujours, Bekaert annonçait une restructuration, suite notamment à l’effondrement des activités solaires, qui affectent ses ventes de fil à scier en Chine.

 

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