Publicité

Sortie du nucléaire: la Commission européenne donne son feu vert au CRM belge

La ministre fédérale de l'Énergie, Tinne Van der Straeten, avait rencontré la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, en octobre dernier. ©UE / Xavier Lejeune

La Commission européenne estime que le CRM belge, censé subsidier les capacités électriques compensant la sortie du nucléaire, est conforme aux règles sur les aides d'État.

Un obstacle vient d'être levé sur le chemin de la sortie du nucléaire. Ce vendredi, la Commission européenne a donné son feu vert au CRM belge, le mécanisme de rémunération de la capacité censé subsidier les capacités de production électrique amenées à compenser la sortie du nucléaire à partir de 2025.

"Le mécanisme contribuera à assurer la sécurité d'approvisionnement en électricité, notamment dans la perspective de la décision de la Belgique de sortir progressivement de toutes les capacités nucléaires d’ici à 2025, sans fausser indûment la concurrence dans le marché unique", lit-on dans le communiqué de la Commission.

"Grâce à cette autorisation, la voie vers une énergie 100% renouvelable est ouverte et la sécurité d'approvisionnement est garantie."
Tinne Van der Straeten
Ministre fédérale de l'Énergie (Groen)

Inquiétudes effacées

L'enquête, ouverte en septembre 2020, visait à déterminer si le CRM ne constituait pas une aide d'État déguisée, favorisant certains moyens de production électrique plutôt que d'autres ou résultant en un dérèglement du principe de concurrence sur le marché et décourageant le pays à investir dans des interconnexions aux frontières. Des inquiétudes désormais effacées grâce aux informations et améliorations apportées par la Belgique durant l'enquête, au point de rassurer complètement le département de la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager.

De son côté, la ministre fédérale de l'Énergie, Tinne Van der Straeten (Groen), s'est félicitée de l'issue de l'enquête. "Grâce à cette autorisation, la voie vers une énergie 100% renouvelable est ouverte et la sécurité d'approvisionnement est garantie", a-t-elle déclaré.

Dans un premier temps, le CRM visera surtout à soutenir les centrales à gaz.

"Grâce au mécanisme d'investissement approuvé, les personnes qui souhaitent investir dans notre pays peuvent désormais le faire. De nombreux projets sont prêts pour le développement des énergies renouvelables, des batteries, de la gestion de la demande et de la capacité flexible", a-t-elle ajouté.

Notons tout de même que, dans un premier temps, le CRM visera surtout à soutenir les centrales à gaz (la "capacité flexible" ici mentionnée par la ministre) intégrant le réseau afin de complémenter l'apport des renouvelables.

Enchères

Pour le CRM, qui souffre toujours d'un calendrier serré, le prochain rendez-vous est fixé au mois d'octobre 2021 et la tenue des premières enchères. Celles-ci permettront de tester le fonctionnement du mécanisme et de préparer l'ultime évaluation de la sécurité d'approvisionnement et des niveaux de prix prévue au mois de novembre.

7,34 GW
d'électricité produite à partir du gaz
Au total, le CRM subsidiera jusqu'à 7,34 GW de gaz. Une capacité qui se doit d'être sécurisée pour octobre.

Ces enchères donneront aussi une idée du marché créé par le mécanisme. En effet, de nombreux opérateurs de centrales à gaz se montrent très intéressés par les opportunités dégagées par le CRM et la compétition s'annonce d'ores et déjà serrée pour la construction de nouvelles centrales à gaz.

Néanmoins, alors que de nombreuses entreprises (Eneco, Engie, Luminus, Mitsubishi, etc.) avancent leurs projets, leur parcours se trouve compliqué par des procédures administratives lourdes, aggravées par les réticences des autorités locales et les recours collectifs divers.

Besoins

Pour rappel, la ministre estime que 2 à 3 centrales à gaz additionnelles - soit 2,3 GW -, seront nécessaires pour compenser la fermeture des réacteurs nucléaires. Notons que d'autres capacités au gaz, déjà existantes, entreront en compétition pour les enchères du CRM. Au total, le mécanisme subsidiera jusqu'à 7,34 GW de gaz. Une capacité qui se doit d'être sécurisée pour octobre, donc.

Notons ici que la Commission a salué les exigences de durabilité imposées par la ministre aux nouvelles centrales à gaz. "Ces exigences contribueront à la réalisation des objectifs du Green Deal européen", a déclaré Margrethe Vestager.

Pour combler le reste, la ministre compte sur la flexibilité de la demande et le stockage par batteries. À long terme, Tinne Van der Straeten vise un mix de production électrique 100% renouvelable.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés