Tesla a 100 jours pour construire sa batterie géante

Tesla veut s'imposer chez les particuliers ©REUTERS

Tesla et son CEO Elon Musk ont décidément l’art des coups de pub. L’annonce de la sélection de Tesla pour construire en Australie la plus grande batterie au monde fait le buzz.

Tesla ne vient pas seulement de décrocher devant plus de 90 rivaux le contrat pour construire en Australie méridionale ce qui devrait devenir le plus grand système de stockage d’électricité lithium-ion au monde – la course est serrée, d’autres projets de taille comparable étant en train de se développer en Australie, au Canada ou au Japon.

Il devrait le construire en un temps record, puisqu’il s’est engagé à le réaliser en 100 jours, une fois le contrat signé, ou à le céder gratuitement s’il ne tient pas ce délai. Une promesse faite par Elon Musk sur Twitter en mars, et dont le Premier ministre d’Australie méridionale Jay Weatherill s’est félicité hier. Le projet devrait être opérationnel pour l’été austral, qui entraîne des pics dans la consommation d’électricité.

50 millions $
Elon Musk a reconnu qu’il pourrait perdre plus de 50 millions de dollars s’il ne parvient pas à tenir les délais promis.

Le montant du contrat n’a pas été communiqué. "C’est un vrai défi, ne fût-ce qu’en termes d’approvisionnement ou de permis, même s’il s’agit d’assembler des batteries modulables et que le deal semble avoir été conclu au plus haut niveau, ce qui devrait ouvrir des portes", commente Michaël De Koster, directeur du département électricité et réseau à l’Engie Lab, qui teste les batteries de demain.

L’accumulateur géant que Tesla doit construire sera couplé au parc éolien de Horsdale, géré par le Français Neoen. Il aura une puissance de 100 MW et pourra restituer 126 MWh avant d’être rechargé. De quoi alimenter 30.000 foyers en électricité durant les heures de pointe.

"Difficilement rentable" ... aujourd'hui

Le projet doit servir à soulager le réseau électrique de cet état du sud de l’Australie, en piètre état, et qui est devenu beaucoup plus dépendant des renouvelables depuis la fermeture de la dernière centrale au charbon de l’état. En septembre dernier, suite à des vents violents et des pluies torrentielles, toute l’Australie méridionale avait ainsi été entièrement privée d’électricité. Pour certains des habitants, le black-out a duré plus de deux semaines.

Tesla, qui a installé il y a peu en Californie un système de stockage par batteries de 20 MW, peut compter sur la récente ouverture de sa GigaFactory, dans le Nevada, pour lui fournir les 788 Powerpack, contenant chacun 16 batteries lithium-ion, nécessaires au projet – l’équivalent des batteries de 1.300 voitures Tesla. Il devrait surtout en faire une vitrine pour une de ses ambitions, qui est d’imposer ses batteries chez les particuliers, dans les entreprises et auprès des fournisseurs d’électricité.

"Des stockages de ce type se développeront une fois que le prix des batteries aura davantage chuté encore, estime Michaël De Koster. Aujourd’hui, ils sont difficilement rentables. Le projet de Drogenbos, où Engie Electrabel est en train d’installer 6 MW de batteries, devrait être en équilibre parce qu’il comprend une partie recherche. Mais il ne s’agit pas encore d’un pur projet industriel. Ceci dit, la situation est différente en Australie, où l’état du réseau les rend quasi nécessaires."

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