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Electrabel se porte candidat pour deux nouvelles centrales au gaz

Electrabel possède déjà une centrale électrique au gaz à Drogenbos, elle souhaite désormais en construire une nouvelle à Vilvorde. ©Photo News

Après Tessenderlo, Luminus et Eneco, c'est au tour d'Engie Electrabel de confirmer s'être porté candidat pour obtenir des subventions en vue de construire deux nouvelles grandes centrales au gaz.

Malgré les difficultés rencontrées pour obtenir un permis, Electrabel persévère avec son projet de construire une nouvelle centrale électrique au gaz sur son site de Vilvorde. L’entreprise énergétique tente également d’obtenir des subventions via le mécanisme de rémunération de capacité (CRM) pour son projet de grande centrale à gaz à Les Awirs, près de Liège. C’est ce qu’a déclaré un porte-parole de la société à nos confrères du Tijd, ce vendredi.

Les entreprises souhaitant bénéficier de ces subventions devaient soumettre leurs offres dans le cadre d'une vente aux enchères avant jeudi soir. Les projets qui bénéficient du soutien le plus faible par mégawatt recevront, de facto, le montant demandé. Les enchères doivent, en effet, produire environ 2,3 gigawatts (GW) de nouvelles capacités afin de garantir une sécurité d'approvisionnement énergétique dans le contexte de la fermeture des centrales nucléaires à la fin 2025. Les gagnants seront annoncés à la fin du mois d'octobre.

Vilvorde n'attend pas le permis

"Nous avons examiné les meilleures technologies possibles et tous les aspects économiques. Sur la base de cette analyse, nous avons décidé de participer à la vente aux enchères avec les projets de Vilvorde et des Awirs."
Hellen Smeets
Porte-parole d'Electrabel

Il n’était pas couru d’avance qu’Electrabel fasse une demande pour le projet de Vilvorde. La députation de la province du Brabant flamand avait en effet refusé un permis d’environnement, avant qu’Electrabel ne fasse appel à la ministre flamande de l'environnement Zuhal Demir (N-VA).

Electrabel, qui attend toujours une décision de Demir, a ainsi dû prendre un choix difficile. En effet, si elle reçoit les subsides mais, en raison de problèmes de permis, ne peut, au bout du compte, pas construire, elle risque une amende de 4 à 5 millions d’euros. Le fait que l’entreprise aille encore de l’avant, montre qu’elle a bon espoir d’obtenir un permis.

"Nous sommes toujours convaincus de la valeur ajoutée du projet", a indiqué la porte-parole du groupe, Hellen Smeets. "Nous avons examiné les meilleures technologies possibles et tous les aspects économiques. Sur la base de cette analyse, nous avons décidé de participer à la vente aux enchères avec les projets de Vilvorde et des Awirs."

Electrabel n'a finalement pas présenté le projet d'une plus petite centrale à gaz de 320 mégawatts (MW) à Amorceur. Les centrales de Vilvorde et des Awirs sont, avec leurs 870 MW, beaucoup plus grandes et plus efficaces.

Eneco, Luminus et Tessenderlo participent également

4
gigawatts
Au total, les usines au gaz des candidats fourniront au minimum 4 GW de nouvelles capacités, alors que seulement 2,3 GW sont nécessaires

Outre Electrabel, Eneco, Luminus et Tessenderlo sont également candidats à la construction d'une nouvelle usine à gaz. Les trois entreprises ont confirmé leur participation après la clôture de la vente aux enchères des subventions, jeudi soir à 17h. Eneco a ainsi présenté un projet de construction pour une nouvelle centrale à Manage (840 MW), tandis que l'entreprise chimique Tessenderlo a déposé son projet pour une centrale de 900 MW à Tessenderlo. De son côté, Luminus a introduit un projet pour une centrale à Seraing (870 MW).

Le projet de Luminus pour une centrale à Gand (235 MW) n'a toutefois finalement pas été présenté, en raison des incertitudes liées à l'obtention du permis.

À l’instar d’Electrabel, les entreprises qui participent au CRM ont toutes fait un pari. En effet, elles n'ont pas encore de certitude définitive quant à leurs permis environnementaux.

Sécurité énergétique

Plus il y a de concurrence, plus la surenchère pour obtenir des subventions est forte.

L'ensemble des projets confirmés représente 4,4 GW de nouvelles capacités de production, et 4 GW si l'on tient compte du facteur de correction dû au fait que les centrales sont parfois arrêtées. Il semblerait donc que l’objectif des 2,3 gigawatts de nouvelles capacités lors de cette première vente aux enchères, visé par la ministre de l'Énergie Tinne Van der Straeten, sera atteint. Dépasser ce seuil permettrait de garantir la sécurité d'approvisionnement après 2025.

Le grand nombre de candidats est une bonne nouvelle pour le consommateur. En effet, plus il y a de concurrence, plus la surenchère pour obtenir des subventions est forte. La concurrence fait ainsi baisser le prix du mécanisme de soutien, dont la facture revient finalement au consommateur d'énergie ou au contribuable.

La diversité des candidats à la construction de centrales au gaz donne également à Van der Straeten une arme plus forte pour faire passer le plan nucléaire dans son entièreté au sein du gouvernement fédéral. Après l'annonce des résultats de la vente aux enchères, une évaluation aura lieu en novembre. Si celle-ci montre que l'approvisionnement n'est pas garanti, ou si les prix de l'énergie augmentent trop fortement, le gouvernement peut encore décider de maintenir deux centrales nucléaires ouvertes plus longtemps.

Il faudra, quoi qu'il en soit, attendre jusqu'à la fin du mois d'octobre pour que l’opérateur de réseau Elia annonce les gagnants de la vente aux enchères et le montant de l'aide qu'ils recevront.

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