Thales Alenia Space Belgium crée un site dédié au photovoltaïque à Hasselt

Emmanuel Terrasse, le directeur général de TAS Belgium ©olivier polet

TAS investit 20 millions d'euros dans la création d'une usine très automatisée dédiée à l’assemblage de cellules photovoltaïques. Ce sera la troisième implantation du groupe en Belgique, qui emploie environ 700 personnes dans notre pays et promet une vingtaine de nouveaux emplois.

Thales Alenia Space (TAS) a annoncé mardi la création d’un nouveau site en Belgique, à Hasselt, dédié à la production automatisée de l’assemblage de cellules photovoltaïques, qui fournissent de l’énergie électrique sur les panneaux solaires des satellites. Ce sera la troisième implantation de TAS en Belgique, qui emploie environ 700 personnes à Mont-sur-Marchienne -le site historique- et à Louvain, un centre de recherche ouvert il y a trois ans. Thales Alenia Space est une société commune entre le français Thales (67%) et l’italien Leonardo (33 %).

20 millions €
TAS investit une vingtaine de millions d'euros à Hasselt dans un site de production "unique en Europe".

L'investissement total est d’une vingtaine de millions d’euros et devrait fournir du travail à 20 personnes. Selon TAS, ce type de site de production, "unique en Europe, a l’ambition de devenir pour Thales Alenia Space la vitrine de son Industrie 4.0". Il complétera les activités du centre d’excellence de Leonardo situé à Nerviano en Italie, où sont déjà conçus et fabriqués les cellules photovoltaïques pour les programmes des agences spatiales européenne (ESA) et Italienne.

L’usine d’Hasselt sera extrêmement automatisée, avec:

• l’assemblage robotisé des panneaux,
• la gestion numérique des données et de la traçabilité,
• des tests et des contrôles en ligne,
• l’utilisation de la réalité augmentée.

Autant de moyens qui doivent permettre à TAS de fournir "des solutions très compétitives en terme de cellules photovoltaïques sur tous les segments satellitaires". Les cellules produites d’ici deux ans en Flandre seront ensuite intégrées dans les panneaux solaires sur le site français de TAS, à Cannes.

Pourquoi Hasselt?

1. La recherche de compétences

Mais pourquoi avoir choisi de scinder en plusieurs sites la chaîne de fabrication des panneaux photovoltaïques alors qu’il serait a priori plus logique de tout regrouper? Chez TAS, on fait avant tout valoir la recherche de compétences, mais aussi la nature même de la politique spatiale européenne, basée sur un certain juste retour par rapport aux investissements consentis par les pays. TAS réalise en effet 46% de son chiffre d’affaires avec l’activité institutionnelle (les commandes payées par les Etats). "Nous avons choisi d’implanter cette activité à Hasselt d’abord parce que nous sommes sûrs de pouvoir trouver dans la région tout un écosystème de compétences en énergie photovoltaïque" a fait valoir le directeur général de TAS Belgium, Emmanuel Terrasse. "Il y a aussi la présence d’un site aux installations industrielles correspondant à une partie de nos besoins et qui va nous permettre d’être plus rapidement opérationnel et de répondre à la demande de nos clients de la manière la plus rapide possible".

2. Le poids des autorités belges

Mais selon le CEO, "de façon plus globale, nous savons que nous pouvons compter sur le soutien des autorités belges, qui investissent dans le spatial et avec qui nous travaillons en étroite collaboration". Le projet pourrait donc bénéficier de certaines subventions. "Nous sommes en train de discuter du support que la délégation belge pourra nous apporter pour ce projet, qui sera créateur de valeur et d’emplois en Belgique" ajoute encore Emmanuel Terrasse. Ce support financier ne devrait toutefois représenter qu’une très petite partie de l’investissement consenti par TAS.

"Pour chaque activité, nous choisissons la meilleure implantation."
emmanuel terrasse
directeur général de TAS Belgium

Est-ce à dire que TAS a quand même choisi la Flandre parce que cette dernière, avec la création de la nouvelle agence spatiale belge, souhaite que davantage de retours économiques lui reviennent dans le spatial? "La première raison qui explique notre décision est clairement d’ordre technologique", répète Emmanuel Terrasse. C’est aussi ce qui nous a guidé dans la création du site de Leuven. Pour chaque activité, nous choisissons la meilleure implantation. Celle qui permet de nous appuyer sur les meilleures compétences disponibles. Et pour le photovoltaïque, c’était Hasselt.

"Nous sommes très investis en Wallonie et à Charleroi, conclut-il. La grosse majorité des 250 emplois créés depuis 3 ans l’a été sur notre site de Charleroi. Et nous allons continuer à y croître. Mais il est clair également que nous cherchons à avoir un équilibre de présence dans les différentes régions de Belgique". A titre de comparaison, TAS Belgium avait inauguré en 2016 à Mont-sur-Marchienne une nouvelle salle blanche de production, un investissement de 30 millions.

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