Tihange 3 fragilisé par des vices de construction?

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Des anomalies au niveau des armatures du béton ont été observées dans la structure de Tihange3. Des anomalies présentes depuis la construction. Engie analyse, Nollet voit rouge.

L'état de nos centrales nucléaires continue de faire couler beaucoup d'encre. Selon "Le Soir", Engie Electrabel aurait maintenant découvert un vice de construction au sein du réacteur nucléaire Tihange 3; réacteur à l'arrêt depuis le 30 mars. On parle d'anomalies au niveau des armatures du béton armé, présentes depuis la construction du bâtiment. Ce qui pourrait potentiellement mettre à mal la résistance de la structure. Dans un communiqué, Electrabel confirme. "Les analyses sont en cours et aucune conclusion ne peut être faite à ce stade."

À Tihange 3, Electrabel avait déjà constaté, en avril 2018, une dégradation du béton au niveau des plafonds des locaux abritant "les buses de sortie des soupapes d'échappement vapeurs". Un programme de réparations avait directement été mis sur pied.

C'est lors de ces inspections que sont apparues ces nouvelles anomalies. En effet, les équipes ont dû procéder au décapage des zones endommagées mettant ainsi à jour les problèmes d'armatures. Il apparaît que des éléments de renfort de la dalle de béton au plafond ne sont pas positionnés strictement comme sur les plans. "Vraisemblablement, ces épingles ont bougé au moment où le béton a été coulé dans la période de construction", explique l'énergéticien.

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Les ingénieurs d'Electrabel travaillent en ce moment aux "analyses et aux calculs sous le contrôle d'experts indépendants". Ces calculs doivent déterminer "l'impact du positionnement non conforme des épingles au plan de construction en cas d'évènement externe tel qu'une chute d'avion". Ce dossier sera ensuite remis à l'Agence Fédérale de Contrôle nucléaire qui prendra position.

Pour Jean-Marc Nollet (Ecolo), c'est la douche froide. Comment avoir osé démarrer une centrale avec de tels problèmes, s'interroge-t-il, ajoutant que des erreurs de construction ont été découvertes dans chacun des trois réacteurs. "On ne parle pas d'une usine de pinces à linge mais d'un réacteur nucléaire, le secteur industriel le plus dangereux de notre territoire."  

Soulignant la fermeture actuelle de quatre des sept réacteurs, il parle d'une sortie du nucléaire effectuée dans le "chaos plutôt que par la loi".

Electrabel rappelle, elle, que la sûreté nucléaire est sa "priorité absolue". Le design des centrales belges a été qualifié de "particulièrement robuste" lors des stress tests européens. Les marges qui ont été appliquées lors de la construction des unités sont qui plus est plus importantes que dans les pays avoisinants, assure l'entreprise qui souligne qu'en cas de doute, l'exploitant met directement à l'arrêt l'unité et le redémarrage doit être autorisé par l'AFCN.

Et dans les autres centrales?

Pour Doel 3, lors d'inspections durant l'arrêt planifié du réacteur, les équipes d'Electrabel avaient détecté que le plafond en béton du bâtiment annexé au bâtiment réacteur devait être réparé. Ce bâtiment abrite des systèmes de secours de 2e niveau utilisés uniquement en cas de problème avec les systèmes de 1er niveau.

Les analyses ont démontré que, dans ces installations situées dans la partie non nucléaire, l'état du béton peut être fragilisé par des conditions chaudes et humides. Or, les exigences de sûreté prévoient ici aussi que ces bâtiments bunkerisés doivent résister à un évènement externe important. Les actions nécessaires sont en cours et le redémarrage de Doel 3 est prévu le 1er août.

Les unités de Doel 1, Doel 2 et Tihange 1 ont un design différent de celui des autres unités. La question du béton ne s'y pose pas, précise Electrabel.

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