Publicité
analyse

Total change de nom, mais n'est pas près d'abandonner le pétrole

Les actionnaires ont largement approuvé le changement de nom du groupe en TotalEnergies, présidé par Patrick Pouyanné (photo). ©AFP

Total devient TotalEnergies pour illustrer son virage vers les énergies renouvelables, mais n'abandonne pas le pétrole pour autant. Les actionnaires ont largement approuvé la stratégie climat du groupe lors de l'Assemblée générale.

Après BP, Shell, ExxonMobil et Chevron, c'était au tour de Total de présenter sa stratégie climat à ses actionnaires. Au cours de l'Assemblée générale du groupe de ce vendredi, le PDG Patrick Pouyanné, dont le mandat d'administrateur a par ailleurs été renouvelé, a en effet soumis son nouveau plan climatique au vote consultatif des actionnaires. Ce "Say on climate", grande première pour le secteur, a d'ailleurs été plébiscité par les investisseurs, récoltant 91,88% de votes d'approbation. Un taux plus important qu'escompté puisque plusieurs actionnaires "rebelles" qui réclamaient une stratégie plus ambitieuse espéraient atteindre les 15% de votes défavorables.

91,88%
des votes
La stratégie climat de TotalEnergies a été approuvée à 91,88% par l'actionnariat.

Soulagé par les résultats du vote, Patrick Pouyanné a salué ses actionnaires qui "perçoivent un véritable processus sincère de transformation et ont fait de ce vote l'approbation d'une stratégie audacieuse et exigeante". La stratégie en question porte principalement sur l'entrée en fanfare de Total sur le terrain des énergies renouvelables. Aussi, le groupe a confirmé son intention d'atteindre la neutralité carbone en 2050 avec des objectifs intermédiaires fixés à 2030.

TotalEnergies

Pour illustrer ce repositionnement stratégique, une autre résolution - moins polémique - a aussi été largement approuvée par les actionnaires. Désormais, le groupe ne s'appellera plus Total, mais bien TotalEnergies, afin d'illustrer ce basculement vers un groupe énergétique au sens large.

"D'ici 2030, nous deviendrons une major des énergies vertes."
Patrick Pouyanné
PDG de TotalEnergies

Derrière le nouveau logo et une communication léchée, TotalEnergies entend bien faire parler les chiffres. Aussi, dès cette année, il est prévu que les renouvelables et l'électricité représentent 20% des montants investis par le groupe. De plus, l'entreprise porte son objectif à 35 GW de capacité renouvelable brute installée en 2025 pour atteindre 100 GW d’ici à 2030. "Nous sommes en train de construire un des acteurs qui investira le plus dans la transition énergétique au monde. D'ici 2030, nous deviendrons une major des énergies vertes", a commenté Patrick Pouyanné.

"Tout arrêter aujourd'hui serait une erreur. Cela nous priverait des cashflows dont nous avons besoin pour construire TotalEnergies."
Patrick Pouyanné
PDG de TotalEnergies

Pour autant, le groupe ne compte pas se séparer du pétrole de sitôt. Malgré les recommandations récentes de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) de renoncer, dès aujourd'hui, à tout nouveau projet d'exploration gazière ou pétrolière, Patrick Pouyanné a confirmé vouloir conserver son programme en la matière, à raison de 800 millions d'euros par an, contre 1,5 milliard auparavant. "Tout arrêter aujourd'hui serait une erreur. Cela nous priverait des cashflows dont nous avons besoin pour construire TotalEnergies", a-t-il indiqué. Du pétrole pour financer le renouvelable, donc, pour un groupe qui prévoit que le pic de sa production d'or noir sera atteint entre 2025 et 2030.

Déferlante verte sur les majors

L'assemblée générale de TotalEnergies marque ainsi la fin d'une semaine historique pour les géants pétroliers. Après Shell, condamné par la justice néerlandaise de réduire ses émissions de CO2 d'ici fin 2030 de 45% nets par rapport à 2019, ExxonMobil dont le conseil d'administration a été contraint d'accueillir un fonds activiste environnemental, et Chevron, où une proposition demandant à ce que l'entreprise réduise les émissions de gaz à effet de serre de ses produits a recueilli 61% des votes malgré l'opposition du conseil d'administration, TotalEnergies semble également s'inscrire dans la déferlante verte qui s'abat sur le secteur pétrolier.

De là à parler de changement de paradigme, il n'y a qu'un pas. Mais force est de constater que l'industrie pétrolière commence, enfin, à changer de visage.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés