Un "Airbus des batteries" en gestation, avec Solvay et Umicore à son bord

©Solvay\Jean-Michel Byl

Les entreprises européennes les plus en vue veulent rattraper la Chine.

La semaine prochaine, la Commission européenne recevra le top des entreprises européennes, dont le géant de la chimie Solvay et l’expert en matériaux Umicore , pour une rencontre au sommet sur le développement industriel de batteries lithium-ion, que l’on trouve dans les smartphones et les ordinateurs portables, mais qui constituent également un des enjeux du développement des voitures électriques.

Dans ce secteur, l’Europe affiche un retard important par rapport au reste du monde. D’après Bloomberg, le Vieux Continent représente à peine 2,5% de la capacité mondiale de production de ces batteries, alors que la Chine détient à elle seule 55% du marché. Plusieurs entreprises européennes, tant du secteur automobile que de l’industrie des batteries, ont déjà annoncé des initiatives pour rattraper ce retard. Mais la Commission souhaite éviter toute dispersion des efforts et espère réussir à faire collaborer les différents acteurs européens, comme ce fut le cas avec Airbus dans les années 60.

"C’est un premier pas pour tâcher de combler le retard intolérable de l’Europe dans le secteur des batteries."
Maurizio Gastaldi
directeur du stockage énergétique chez Solvay

Seront présents autour de la table notamment le géant de la chimie BASF , le groupe industriel Siemens et le constructeur automobile Volkswagen ainsi que deux sociétés belges cotées.

Solvay fournit des sels et des polymères qui permettent d’améliorer les performances des batteries à coût réduit. "Nous fournissons des matériaux qui permettent d’augmenter la densité énergétique, explique Maurizio Gastaldi, directeur du stockage énergétique chez Solvay. Cela signifie qu’à volume identique, les batteries sont capables de fournir davantage d’énergie." Ce qui permet d’accroître l’autonomie des voitures électriques.

De son côté, Umicore fournit des cathodes – "le cœur des batteries" – et dispose d’une expertise reconnue dans le recyclage des matières premières lorsque les batteries arrivent en fin de cycle. Même si les batteries lithium-ion peuvent supporter davantage de cycles de recharge que les anciennes batteries.

Les participants belges ne se sont pas engagés sur des résultats concrets à la suite de la réunion. Mais il est clair que l’Europe souhaite améliorer la collaboration entre les différents acteurs de la chaîne des batteries. Pour l’industrie européenne, c’est "maintenant ou jamais", indiquent les sociétés concernées.

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