Un cadre légal pour les trois derniers parcs éoliens en mer

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In extremis, le gouvernement a adopté, vendredi, le projet d’arrêté royal fixant les détails du soutien aux trois derniers parcs éoliens actuellement programmés en mer du Nord.

C’était la première échéance fixée dans l’accord intervenu autour du pacte énergétique au sein du gouvernement fédéral: la ministre de l’Énergie Marie-Christine Marghem devait faire adopter par le gouvernement, le 27 avril au plus tard, l’arrêté royal fixant le soutien aux trois derniers parcs éoliens actuellement programmés en mer du Nord, Northwester 2, Mermaid et Seastar. Le défi a été relevé in extremis: l’arrêté royal a été avalisé par le gouvernement vendredi.

On en connaissait les grandes lignes: un soutien de 79 euros par MWh, prix de l’électricité compris, durant 17 ans maximum, ou 63.000 heures de production. Soit un soutien total chiffré par le gouvernement à 2,2 milliards d’euros, qui représente une économie de près de 3 milliards d’euros par rapport au régime accordé aux deux parcs précédents, Rentel et Norther.

"Dans ce dossier, curieusement, on n’entendait plus côté flamand les préoccupations habituelles concernant l’impact sur la facture."
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Mais les discussions ont été longues, parce que certains détails d’importance restaient à régler – en particulier sur le remboursement d’un éventuel trop-perçu par les parcs. Après discussions, ces modalités concrètes ont fait l’objet d’un accord avec les parcs fin mars.

Les cinq premières années, les parcs recevront un soutien forfaitaire, sur base d’une production de 4.100 heures par an – probablement supérieure aux heures réelles de production. Le remboursement du trop-perçu éventuel pourra se faire de trois manières, combinables entre elles: en cash, via des certificats verts, ou via l’engagement de produire un volume d’électricité supplémentaire.

La Creg, le régulateur fédéral, n’avait pas retenu ce dernier point dans sa proposition de projet d’arrêté royal. Il figure finalement dans le projet de texte adopté vendredi par le gouvernement. "L’effet est marginal, entend-on au cabinet de la ministre Marghem, puisque le soutien reste plafonné à 63.000 heures au total."

Le lobbying des propriétaires des trois concessions a été plutôt efficace, entend-on de source gouvernementale, et les partis flamands, N-VA en tête, s’insurgeaient contre le choix de la Creg. "Dans ce dossier, curieusement, on n’entendait plus côté flamand les préoccupations habituelles concernant l’impact sur la facture qui reviennent chaque fois que l’on discute du pacte énergétique, de la réserve stratégique ou du mécanisme de rémunération des capacités", confie un proche du dossier. Le gouvernement a donc choisi de respecter l’accord passé avec les futurs propriétaires des parcs, et de demander l’aval de l’Europe sur l’ensemble du mécanisme.

Les plus grandes éoliennes du monde dans les eaux belges

Northwester 2, un des trois derniers parcs actuellement programmés en mer du Nord, a choisi les turbines qu’il va installer: il s’agit d’éoliennes de 9,5MW du danois Vestas, les plus puissantes disponibles aujourd’hui dans le monde. La Belgique sera dès lors la première à exploiter ces maxi-éoliennes commercialement.

Northwester 2 prévoit d’installer 23 de ces turbines, dont le rotor mesure 164 mètres, pour une puissance totale réelle de 224 MW. Un choix qui a été dicté par le calendrier très serré auquel fait face Northwester 2, expliquent ses CEO – le gouvernement belge veut en effet que le parc soit mis en service avant le 1er janvier 2021.

Northwester 2 a pour principaux actionnaires Parkwind, le holding du groupe et de la famille Colruyt actif dans l’éolien en mer où est également présente la société publique flamande d’investissement PMV, et la chaîne de supermarchés Colruyt en direct. Il devrait boucler son financement cet été.

 

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