Un méga appel d'offres pour développer les renouvelables en Wallonie

©SOFICO

La Sofico a lancé un appel d’offres pour développer les énergies renouvelables le long de son domaine routier et fluvial. Un projet très ambitieux, qui vise à développer un projet multi-énergies, mais aussi à encourager le stockage et à répondre aux nouveaux besoins de mobilité.

Son nom: IBE, pour Infrastructures basses émissions. L’objectif? Donner en concession, pour 20 ans, toutes les parties valorisables du domaine de la Sofico (Société wallonne de financement complémentaire des infrastructures) sur l’ensemble de la Wallonie, qu’il s’agisse des aires autoroutières, des surfaces disponibles dans les échangeurs, le long des routes ou à proximité des écluses pour exploiter leur potentiel énergétique. L’appel d’offres a été lancé le 28 février dernier, mais les entreprises intéressées ont jusqu’au 29 novembre pour déposer leur candidature.

L’idée est qu’elles forment des consortiums pour proposer un projet multi-énergies qui combine la biomasse, le photovoltaïque ou encore l’éolien, petit, moyen ou grand, sur l’ensemble des infrastructures wallonnes, en prévoyant aussi la valorisation de l’énergie produite auprès de la Sofico, du SPW (Service public de Wallonie) ou des usagers – par exemple via l’installation de bornes de recharge, de distribution de carburants alternatifs, d’alimentation en électricité verte de portiques, de caméras ou de panneaux dynamiques, pour peu bien sûr que cela ne fasse pas concurrence aux concessions existantes et que cela respecte les usagers du domaine.

"L’objectif est d’arriver au projet le plus englobant et le plus intelligent possible."
Jacques Dehalu
Directeur général de la Sofico

La valorisation du bois récupéré lors de la coupe et de l’élagage des arbres le long des autoroutes pourrait faire partie du projet. Le stockage de l’énergie produite est aussi encouragé. "L’objectif est d’arriver au projet le plus englobant et le plus intelligent possible", souligne Jacques Dehalu, directeur général de la Sofico.

"C’est un projet très ambitieux, sur lequel nous travaillons depuis plusieurs années, souligne Héloïse Winandy, porte-parole de la Sofico. Nous avons tenu une série de réunions d’information, en collaboration avec les chambres de commerce et d’industrie, de mars à mai, pour toucher un maximum de personnes, avec une séance plénière le 25 juin. Nous avons donc décidé de repousser le délai pour la date de dépôt des candidatures, qui était initialement prévu fin juin."

Parmi la soixantaine d’entreprises qui a déjà marqué son intérêt, on trouve des producteurs d’énergie comme Engie, Luminus ou Eneco, des spécialistes du photovoltaïque industriel comme Perpetum Energy ou de la biomasse comme Xylowatt, mais aussi des sociétés de construction ou des spécialistes du génie électrique.

Un délai repoussé

"Nous tenons à ce que le projet, qui rassemblera sans doute de grands groupes industriels ou financiers, fasse aussi émerger des pépites wallonnes."
Héloïse Winandy
Porte-parole de la Sofico

Toutes les entreprises, même celles qui ne se sont pas manifestées jusqu’à présent, peuvent encore participer au processus. La procédure retenue par la Sofico est celle du "dialogue compétitif". "On s’est rendu compte qu’il était impossible de découper cet appel d’offres en lots territoriaux, explique Héloïse Winandy. Nous avons donc publié la liste de toutes les entreprises intéressées, pour faciliter la formation de consortiums et les échanges. Nous allons mettre un outil plus interactif sur notre site à la mi-septembre, pour faciliter les mises en contact. Nous tenons à ce que le projet, qui rassemblera sans doute de grands groupes industriels ou financiers, fasse aussi émerger des pépites wallonnes. En parallèle au grand projet qui sera attribué au lauréat du marché, l’idée est de pouvoir aussi greffer de plus petits projets, qui seraient ainsi ‘repêchés’ dans les offres déposées."

L’ensemble du processus devrait prendre encore un an et demi à deux ans. Une fois reçues, les candidatures, qui doivent faire preuve d’un minimum d’expérience dans le domaine des énergies renouvelables, une sélection des entreprises ou des consortiums sera effectuée, avec l’appui du SPW. Les candidats retenus seront alors invités à déposer des propositions concrètes, qui seront discutées en parallèle avec chacun d’eux.

2.300 km de voiries

Le projet est de très grande ampleur, même si ses promoteurs se refusent à communiquer des objectifs précis. La Sofico gère un réseau de 2.300 kilomètres de voirie, ainsi que les concessions des aires autoroutières wallonnes. Elle gère aussi une série de centrales hydroélectriques et investit dans de nouvelles écluses. Le projet peut aussi s’étendre aux voies fluviales, qui appartiennent à la Région wallonne.

"L'objectif est de valoriser l’ensemble de notre infrastructure régionale, qui représente un potentiel extrêmement important."
Jacques Dehalu

"En 2011, nous avions lancé un premier appel à projet qui a conduit au placement de quatre éoliennes à Houdeng-Goengies, sur le site de Garocentre, rappelle Jacques Dehalu, directeur général de la Sofico. En 2016, un nouvel appel a permis d’attribuer 40 grandes éoliennes sur 25 aires autoroutières, qui font actuellement l’objet de demandes de permis. Ici, l’objectif est de valoriser l’ensemble de notre infrastructure régionale, qui représente un potentiel extrêmement important. Mais l’ambition dépend bien entendu de ce que vont nous offrir les soumissionnaires. Nous laissons libre cours à l’imaginaire des candidats."

Le projet vise à contribuer aux objectifs régionaux de production d’énergies renouvelables, à augmenter la qualité des services proposés aux usagers des infrastructures de la Sofico, mais aussi à fournir à cette dernière une redevance sur la concession de son domaine au lauréat.

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