De l'hydrogène vert dans le port d'Ostende pour 2025

La future unité d'hydrogène vert du port d'Ostende sera alimentée par les éoliennes offshore installées au large des côtes belges. ©Belgaimage

La société gestionnaire du port d’Ostende s’associe avec DEME et PMV, bras financier de la Région flamande, pour doter la zone portuaire d’une usine produisant de l’hydrogène vert. L’installation devrait être opérationnelle en 2025.

D’ici 2025, la zone portuaire d’Ostende devrait être dotée d’une usine produisant de l’hydrogène vert. Haven Oostende, la société en charge de l’exploitation du port de la cité côtière, a en effet signé, avec DEME Concessions, filiale du groupe DEME, et PMV, le bras financier de la Région flamande, un partenariat en vue de la construction d’une telle installation, baptisée Hyport Ostende.

À ce stade, les parties prenantes au partenariat s’abstiennent de préciser l’ampleur financière du projet, même si celle-ci devrait s’élever à plusieurs centaines de millions d’euros. "Les chiffres sur le financement seront rendus publics une fois achevée l’étude de faisabilité qui doit démarrer d’ici peu", indique Vicky Cosemans, porte-parole de DEME, la filiale de dragage du groupe CFE .

L’objectif est, en tout cas, de doter la zone portuaire d’Ostende d’une usine produisant de l’hydrogène vert, autrement dit à partir d’électricité renouvelable. Cet hydrogène vert sera utilisé, d’une part, comme source d’énergie à des fins d’électricité, de mobilité, de chaleur et de combustion, et d’autre part comme matière première pour centres industriels.

La plus grande installation du Benelux

L’usine, qui sera installée sur un terrain de 7 hectares dans la zone portuaire et qui emploiera une trentaine de personnes, produira 50.000 tonnes d’hydrogène par an. Hyport Ostende aura une capacité de maximum 300 mégawatts. Ce sera la première usine d’une telle dimension au sein du Benelux.

Hyport Ostende, l'usine commerciale d'hydrogène vert, devrait voir le jour en 2025.

À Ostende, l’hydrogène vert sera produit à partir d’énergie éolienne. Fin 2020, 399 éoliennes seront opérationnelles au large des côtes, ce qui représente une capacité installée de 2,26 gigawatts (GW).

Le nouveau plan d’aménagement de l’espace marin permet en outre d’installer quelques centaines d’éoliennes supplémentaires, qui généreront 1,75 GW supplémentaire. La capacité totale de production d’électricité verte tournera donc autour de 4 GW, de quoi approvisionner la moitié des ménages belges en électricité. Ces pics de production coïncident toutefois rarement avec les pics de consommation. La future centrale devrait donc permettre de compenser la discontinuité entre la production et la consommation d’électricité.

Les étapes du projet

50.000
tonnes
L'usine, qui sera installée sur un terrain de 7 hectares dans la zone du Port d'Ostende et qui emploiera une trentaine de personnes, produira 50.000 tonnes d'hydrogène par an.

La première phase, consacrée à l’étude de faisabilité globale du projet, devrait déboucher sur l’élaboration d’un plan de développement, qui sera suivi d’un "projet de démonstration innovant avec réseau électrique terrestre mobile tout en planifiant un projet de démonstration avec électrolyseur innovant d’environ 50 MW", précisent les partenaires dans un communiqué.

Le déploiement d’un projet de réseau électrique terrestre alimenté en hydrogène vert devrait être lancé d’ici 2022. Hyport Ostende, l’usine commerciale d’hydrogène vert, devrait voir le jour en 2025. Elle permettra, à terme, une réduction des émissions de CO2 estimée entre 500.000 et un million de tonnes par an.

De la place pour deux

Le projet mené par DEME fait inévitablement écho avec l’annonce faite, fin 2019, par Colruyt et Fluxys d’installer, dans un futur proche, une usine de production d’hydrogène à Zeebrugge ou dans le port d’Anvers. Avec une capacité estimée entre 12 et 25 mégawatts, pour un investissement estimé à 25 millions d’euros, ce premier projet serait d’une moindre envergure qu’Hyport mais la question de la coexistence des deux installations se pose.

En effet, de par les croisements de subsidiation entre les opérateurs de parcs éoliens et ces futures usines de production d’hydrogène, et vu la nature récente de ces installations sur le territoire et les questions quant à l’utilisation de l’hydrogène vert produit qui en découlent, d’aucuns s’interrogent quant à la possibilité de mener à bien deux projets de cette ampleur, de surcroît dans un espace si restreint. À ce sujet, la porte-parole de DEME se veut rassurante et explique: "il y a de la place pour deux usines de production d’hydrogène en Belgique. C’est une technologie d’avenir et il n’y a aucune concurrence entre Colruyt et DEME à ce sujet."

Concernant la politique de subsidiation des gouvernements, elle préfère botter en touche, se contentant d’avancer: "à l’heure actuelle, il est difficile à dire si le gouvernement va poursuivre sa subsidiation des parcs éoliens." Pour cette question aussi, la formation du gouvernement fédéral se fait attendre. Du reste, la nature de la cohabitation des projets, tous deux à des stades relativement reculés de leur développement, demeure incertaine.

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