Un retour d'Electrabel en Bourse de Bruxelles est sur la table

©BELGA

Engie pourrait procéder à une scission de ses activités belges et néerlandaises, signant le retour d’Electrabel en Bourse.

Fin juin, alors qu’Electrabel et le gouvernement belge étaient engagés dans de délicates négociations sur le nucléaire, une fuite opportune a dévoilé l’idée caressée par Engie (ex-GDF Suez) d’ouvrir le capital d’Electrabel à des intérêts belges, peut-être publics. De quoi tempérer les velléités d’imposer au groupe une taxe nucléaire trop lourde.

Le projet, qui porte le nom de code Bianca, est néanmoins bel et bien sur la table, même s’il est encore à un stade très préliminaire. Il pourrait prendre la forme d’une spin-off, apprenons-nous à bonnes sources. Une opération que le groupe a déjà menée en 2008, en mettant en Bourse Suez Environnement. Il avait alors conservé 35% du capital de sa branche spécialisée dans l’eau et les déchets, distribuant les actions restantes à ses actionnaires. Et Suez Environnement avait fait son entrée en Bourse de Paris et de Bruxelles.

"Si Electrabel devient une spin-off, les grandes manœuvres vont commencer."

Le principe serait le même pour Electrabel. Chaque actionnaire d’Engie recevrait des actions d’un Electrabel réduit à ses actifs belges et néerlandais, dont les sept réacteurs nucléaires. Un moyen pour Engie d’alléger sa participation dans l’entreprise et les risques qui y sont liés, et de mieux affûter vis-à-vis des marchés son profil de groupe recentré sur les marchés émergents et la transition énergétique. L’occasion, aussi, de faire entrer des intérêts belges dans le capital, pour faciliter les relations avec les pouvoirs publics belges.

Alors que l’OPA de Suez sur Electrabel, il y a 10 ans, avait été considérée par beaucoup de Belges comme le point d’orgue d’une saga entamée en 1988, lors de la bataille pour le contrôle de la Société Générale de Belgique, l’histoire pourrait donc ne pas être terminée. Car une nouvelle introduction en Bourse du principal énergéticien belge risque de s’accompagner d’autres opérations.

Plusieurs conditions

"Les grandes manœuvres vont alors commencer, prévoit un fin connaisseur des marchés financiers. L’État français, qui est le premier actionnaire d’Engie avec 33% du capital, ne sera vraisemblablement pas intéressé par cette participation dans le nucléaire belge. Cela pourrait donner lieu à des tractations avec les pouvoirs publics belges, qui préféreront ne pas voir un gros bloc d’actions tomber dans les mains d’actionnaires chinois ou qataris." Certains échafaudent déjà un scénario d’échange avec les 10% que l’État belge détient dans BNP Paribas.

On n’en est pas là. Pour le groupe, il ne s’agit que d’un projet potentiel, qui ne pourra devenir réalité que si toute une série de conditions sont remplies. L’opération, si elle se concrétise, ne devrait pas se réaliser avant 2016.

  • La première condition, obtenir un accord avec le gouvernement sur les conditions de la prolongation pour 10 ans de Doel 1 et 2 et sur une révision à la baisse de la taxe nucléaire, est en bonne voie. Un accord de principe a en effet été scellé fin juillet. Il ne reste plus qu’à en traduire tous les détails concrets dans une convention.
  • Deuxième condition: voir clair sur l’avenir de Tihange 2 et Doel 3, les deux réacteurs affectés par des micro-fissures. Engie espère un feu vert de l’AFCN, l’autorité de sûreté nucléaire, pour un redémarrage le 1er novembre prochain. "Il y a aussi la question de la rémunération des centrales au gaz, note un proche du dossier. Pour convaincre des investisseurs comme AvH, Gimv, la SRIW ou même la Bourse, l’entreprise va devoir offrir des perspectives de rentabilité suffisantes." La démonstration ne sera pas aisée. Suite à la crise du secteur énergétique et aux pertes de parts de marché, les activités belges ne sont plus la vache à lait qu’elles ont été…

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