Un tarif "industrie" pour l'électricité, pas pour demain

©BELGA

Le ministre-président wallon Willy Borsus a annoncé ce vendredi un tarif "industrie" en matière d’électricité, pour remédier au handicap énergétique des entreprises wallonnes. Celui-ci devrait être mis en place fin 2010.

Vendredi, le ministre-président wallon Willy Borsus (MR) annonçait à un parterre de plusieurs dizaines d’entrepreneurs, à Mons, que le ministre de l’Energie Jean-Luc Crucke (MR) travaillait à la mise en place d’un tarif "industrie" en matière d’électricité.

Le contexte est connu: les entreprises wallonnes paient, de manière générale, leur électricité plus cher que leurs homologues flamandes. "La différence est de 10 à 15%, selon les profils de consommation", chiffre André Lebrun, directeur du département environnement à l’Union wallonne des entreprises.

En outre, pour les entreprises électro-intensives belges, les prix de l’électricité sont supérieurs à ceux de leurs concurrents dans les pays voisins, qui bénéficient d’allégements importants sur leur facture d’électricité.

"Le sujet est en réflexion. Nous travaillons avec comme échéance fin 2020."
le cabinet de Jean-Luc Crucke

Dans les 20 mesures réclamées au gouvernement wallon avant la fin de la législature, l’UWE inclut dès lors une réduction du prix de l’énergie pour les entreprises, avec une attention particulière pour les gros consommateurs et les entreprises électro-intensives. Elle songe à un mécanisme qui permette de limiter la répercussion du coût du développement des renouvelables sur la facture. Une demande qui a donc bénéficié d’une oreille attentive du nouveau gouvernement wallon.

"Pour certaines entreprises fortement consommatrices d’énergie, le coût de l’énergie est devenu aujourd’hui un handicap aussi important que le handicap lié au coût salarial", notait vendredi Willy Borsus devant le cercle d’affaires montois Club 44.

Pas pour cette législature

La mise en place d’un tarif spécifique aux industriels n’est pourtant pas pour demain. "Le sujet est en réflexion, indique le porte-parole du ministre wallon de l’Énergie, Jean-Luc Crucke. Nous travaillons avec comme échéance fin 2020." Une date qui se situe donc au-delà des prochaines élections régionales… "Si nous pouvons aboutir avant, tant mieux", ajoute tout de même le porte-parole de Crucke.

D’abord, ne pas reculer

Pourquoi cette échéance du 31 décembre 2020? Parce qu’il s’agit de la date où les accords de branche de deuxième génération vont arriver à leur terme. Des accords de branche qui permettent aux entreprises wallonnes qui y souscrivent de bénéficier, au total, de près de 150 millions d’euros par an de réductions sur l’électricité, en exonérations sur le tarif Elia, et surtout en rabais sur les quotas de certificats verts. Or l’Europe pourrait assimiler, pour la troisième génération des accords de branche, ces exemptions de charges à une aide d’État illégale, expliquait Jean-Luc Crucke début octobre au Parlement wallon.

Avant même de songer à alléger davantage la facture des entreprises, il va donc vraisemblablement falloir "relifter" les mécanismes existants pour leur permettre de passer sous les fourches caudines des autorités européennes de la concurrence.

Même chose, peut-être, au niveau fédéral avec la dégressivité sur la surcharge offshore: la Commission européenne se pose également des questions à ce sujet. La Creg, le régulateur fédéral, a été chargée par la ministre Marghem de formuler des propositions d’adaptation de la surcharge offshore, mais aussi de la cotisation fédérale et des tarifs de transport, pour ne pas compromettre la compétitivité des entreprises électro-intensives et des PME – et cela, sans toucher au pouvoir d’achat des ménages ni alourdir le budget de l’Etat. Mais le travail est toujours en cours.

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