Une dépréciation de 615 millions d'euros sur le nucléaire belge

©Photo News

Engie a fortement réduit la valeur de son parc nucléaire belge dans ses comptes. En cause: une prolongation toujours incertaine.

Engie a annoncé ce jeudi qu’il avait procédé à une dépréciation sur ses actifs nucléaires belges: il ne table désormais plus que sur la prolongation de Doel 4 et Tihange 3, une prolongation toujours incertaine. De quoi diminuer de 615 millions d’euros la valeur du nucléaire dans ses comptes.

"Il n’y a plus de débat sur Doel 3 et Tihange 2, qui doivent fermer en 2022 et 2023", constate Isabelle Kocher, patronne d'Engie. "Le débat porte sur la prolongation de Doel 4 et Tihange 3. Nous en tirons le constat dans nos comptes." Cette éventuelle nouvelle prolongation ne fait, pour l’instant, pas l’objet de discussions avec le gouvernement belge.

"Mais cela ne fait pas de doute que le sujet sera à traiter dès la formation du gouvernement", ajoute Isabelle Kocher. "La décision revient aux autorités, nous sommes prêts à discuter de tous les scénarios. Mais en cas de prolongation, il faut un changement de régulation", avertit Isabelle Kocher. "Il s’agit d’investissements très lourds, qui ne peuvent pas être faits sans qu’il y ait une visibilité et une régulation qui prenne cela en charge."

Pierre Mongin, directeur général adjoint du groupe, lançait déjà un message similaire l’an dernier, en précisant qu’Engie ne réclame pas un mécanisme de soutien au nucléaire, mais bien un mécanisme de sécurisation de l’investissement. "Regardez le système de ‘contract for difference’ qui existe au Royaume-Uni", nous expliquait-il alors. "Ce que nous voulons, c’est un tunnel: si les prix de l’électricité sont tellement élevés que nous faisons des bénéfices extraordinaires, il n’y a pas de raison que nous les gardions. Mais si les prix de l’électricité s’effondrent, il faut que nos investissements soient protégés."

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect