"Une norme énergétique plus urgente qu'un pacte énergétique"

BASF Antwerpen est un des plus gros consommateur d'électricité en Belgique. ©BELGA

Les industriels belges paient 10 à 34% de plus pour leur électricité que leurs concurrents des pays voisins. Ils réclament d'urgence une norme énergétique.

Les grands consommateurs industriels paient toujours leur électricité plus cher que leurs homologues dans les pays voisins. Pour la sixième année consécutive, Deloitte a comparé, à la demande de Febeliec, la fédération des consommateurs industriels d’énergie, les prix de l’électricité en Belgique et dans les trois grands pays voisins, France, Allemagne et Pays-Bas.

"Ce handicap énergétique coûte des centaines de millions d’euros par an à notre industrie."
Luc Sterckx
président de Febeliec

Conclusion: en 2018, la facture d’électricité globale pour un industriel belge dont les installations fonctionnent jour et nuit est 10,5% à 34% plus cher que la facture moyenne de ses concurrents de l’autre côté de la frontière. "Ce handicap énergétique coûte des centaines de millions d’euros par an à notre industrie", souligne Luc Sterckx, le président de Febeliec.

Alors que les autorités politiques cherchent à conclure un pacte énergétique pour déterminer la stratégie à long terme de la Belgique en matière d’énergie, les entreprises industrielles plaident d’abord pour l’introduction d’une norme énergétique, inspirée de la norme salariale, pour s’assurer que les factures énergétiques en Belgique ne constituent pas un handicap concurrentiel. Une norme qui était prévue dans l’accord de gouvernement fédéral. "Le temps presse, martèle Luc Sterckx. Pour nous, pas besoin d’un pacte énergétique sans norme énergétique. Cela manquerait complètement son objectif."

Le handicap énergétique dont souffrent les industriels belges vient de la conjugaison de plusieurs facteurs: une électricité qui est en elle-même plus chère, mais aussi des coûts de réseau et des taxes supérieurs. Concrètement, l’industrie belge demande, comme cela existe en Allemagne, aux Pays-Bas et en France, des réductions sur les frais de transport d’électricité.

"Le temps presse. Pour nous, pas besoin d’un pacte énergétique sans norme énergétique. Cela manquerait complètement son objectif."
Luc Sterckx
président de Febeliec

Des réductions qui, dans les pays voisins, peuvent grimper jusqu’à 90% pour les entreprises électro-intensives, avec un profil de consommation stable, comme la chimie, la sidérurgie ou les fabricants d’aluminium. "Pourquoi ne le faisons-nous pas en Belgique, alors que l’Europe le permet? Qui s’y oppose?", demande Wouter De Geest, le patron de BASF Antwerpen. "Cela représenterait une réduction de 4 à 5 euros par MWh, et ce serait un signal fort pour l’industrie", poursuit le patron de BASF.

Le coût d’une telle mesure en Belgique? Une centaine de millions d’euros, qui devraient logiquement être reportés sur la facture d’autres consommateurs d’électricité. "Certains verront peut-être cela comme un cadeau à l’industrie, mais l’industrie donne beaucoup en retour au pays: de la prospérité, des exportations, des emplois… La Belgique a absolument besoin de son industrie. Les responsables politiques doivent donc prendre des décisions en conséquence."


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