Une station de gaz inquiète à Kraainem

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La construction d’une station de détente de gaz sur le territoire de Kraainem crée du remous. Les riverains dénoncent un choix géographique irresponsable. Fluxys tente de les rassurer.

Des riverains de Kraainem ont eu droit la semaine dernière à une surprise bien amère, en découvrant qu’un centre de détente de gaz était sur le point d’être construit sur un champ situé à quelques dizaines de mètres de chez eux. Porté par l’opérateur de transit Fluxys, le projet devra remplacer une centrale de Woluwé-Saint-Lambert en passe d’être fermée, et faire ainsi la jonction par pipeline avec celle de Haren, au nord de Bruxelles. Une installation qui s’intégrera dans le projet de renforcement des réseaux de distribution en Région de Bruxelles-Capitale et dans le Brabant flamand, avec notamment un nouvel embranchement pour le gestionnaire de réseau de distribution flamand Iverlek.

Tout est prêt pour le lancement des travaux, on attend plus que l’octroi d’un permis environnemental par la commune de Kraainem.

Seulement, les riverains concernés ne l’entendent pas de cette oreille. Ils craignent la dévaluation de leur bien, ainsi que des désagréments liés aux émanations de gaz. "On n’imagine pas qu’un tel projet puisse être approuvé à côté d’une zone résidentielle, avec toutes les conséquences que ça pourrait avoir", explique Laurent Devos, qui fait actuellement construire sa maison à quelque pas du champ où est prévue la construction.

Dans l’axe de Zaventem

Mais il y a pire, selon lui, car la future centrale sera située pile dans l’axe de la piste d’atterrissage 1 de l’aéroport de Zaventem.

"Je ne vois pas le danger à première vue", rétorque l’échevin en charge de l’Urbanisme, Arnold d’Oreye (DéFI). Fluxys précise également que la station sera enfouie dans le sol, et que seuls quelques tuyaux dépasseront de terre. Pas de quoi rassurer les riverains qui parlent d’une véritable "bombe" et disent ne pas avoir été suffisamment avertis de ce qui les attendait.

Chez l’opérateur de réseau, on regrette que les citoyens ne réagissent que maintenant, alors que plusieurs perches auraient déjà été tendues depuis trois ans. "Nous avons déjà eu une session d’information à la commune en novembre 2015, et les riverains ont été invités", explique Jacques Herman, négociateur de charge de la zone pour Fluxys. "En plus, nous avons encore tenu pendant l’enquête publique une permanence à la maison communale. Et là, personne ne vient." Des lettres ont en effet été envoyées, mais uniquement aux quelques riverains vivant dans un rayon de 100 mètres, ce qui peut expliquer pourquoi tant d’habitants du quartier n’étaient visiblement pas informés du projet jusqu’à il y a peu.

Avant de prendre toute décision sur la suite des événements, le collège des échevins a en tout cas décidé d’organiser une séance de réflexion sur le sujet le 5 janvier prochain, où seront invités Fluxys et les riverains. L’octroi d’un permis environnemental ne sera envisagé que par après. Si tout est en règle, les travaux pourraient alors commencer dès la fin du mois de février prochain.

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