Publicité

Une vague de faillites menace les fournisseurs d’énergie

Ces derniers mois, les prix de gros du gaz naturel et de l’électricité ont flambé dans toute l’Europe. ©Photo News

La faillite du petit fournisseur liégeois Energy2Business pourrait être suivie d'autres au vu de l’explosion des prix de gros du gaz et de l'électricité.

Au Royaume-Uni, deux fournisseurs d’énergie viennent de cesser leurs activités. Depuis la mi-août, pas moins de sept acteurs britanniques du secteur ont mis la clé sous le paillasson, faute de pouvoir absorber les prix record du gaz et de l’électricité sur le marché de gros. Outre-Manche, 1,5 million de ménages doivent donc rechercher un autre fournisseur, généralement à des tarifs plus élevés que ceux de leur contrat actuel.

70
euros
Le prix d’un mégawattheure de gaz est passé de 17 euros au début de cette année à plus de 70 euros aujourd’hui.

En Belgique, on s’interroge aussi sur la capacité des fournisseurs d’énergie à faire face à la flambée des prix. Le tribunal de l’entreprise de Liège avait prononcé, le 13 septembre, la faillite du fournisseur d’énergie Energy2Business, qui comptait en Wallonie et à Bruxelles un peu plus de 3.000 entreprises clientes.

Ces derniers mois, les prix de gros du gaz naturel et de l’électricité ont flambé dans toute l’Europe.

Les stocks de gaz sont historiquement bas et le marché anticipe une éventuelle pénurie cet hiver si la Russie n’ouvre pas grand les vannes de gaz. Sur la bourse de référence néerlandaise TTF, le prix d’un mégawattheure de gaz est passé de 17 euros au début de cette année à plus de 70 euros aujourd’hui.

Le risque des contrats fixes

"La situation actuelle est inédite", souligne Vincent Declerck, directeur commercial chez Octaplus, un des petits fournisseurs belges d’énergie. "Les prix de gros de l’électricité ont triplé. Ils sont si élevés qu’il est devenu très risqué pour nous de proposer des prix fixes à nos clients.

"Les fournisseurs qui travaillent avec des contrats fixes et se sont insuffisamment couverts peuvent faire faillite."
Vincent Declerck
Directeur commercial d'Octaplus

Vincent Declerck s’attend à ce que les prix de l’énergie se maintiennent à ce niveau encore de six mois à un an, ce qui pourrait plonger plusieurs acteurs du secteur dans de grandes difficultés. "Les fournisseurs qui travaillent avec des contrats fixes et se sont insuffisamment couverts peuvent faire faillite. Octaplus s’y est bien préparé. Mais certains fournisseurs n’ont pas acheté suffisamment d’électricité et de gaz à l’avance. Or, ils ont proposé des contrats fixes aux clients. Ils doivent donc à présent acheter parfois jusqu’à 40% des volumes promis à des prix de marché exorbitants."

Pour ne rien arranger, les marges du secteur étaient déjà sous pression avant l’explosion des prix. "Le marché n’est plus attractif. Certains acteurs recherchent donc un repreneur", révèle Michael Corten, CEO du petit fournisseur malinois BEE.

La fédération belge des fournisseurs, Febeg, constate effectivement une augmentation des risques. "En fait, on ne connaît jamais à l’avance la quantité d’énergie qu’un client va consommer", explique son directeur, Marc Van Den Bosch. "Si l’hiver est très rigoureux, le fournisseur qui a proposé un contrat fixe devra livrer plus d’énergie que prévu et donc l’acheter sur le marché, ce qui peut l’exposer à de grands risques avec les prix élevés actuels."

Prochain manque de liquidités?

Au sein du secteur, certains craignent que des fournisseurs soient en manque de liquidités en raison des montants croissants qu’ils doivent préfinancer.

Le fournisseur liégeois Mega a déjà relevé les acomptes mensuels de près de la moitié de ses clients.

Au début de ce mois, le fournisseur liégeois Mega, qui se dit le moins cher de Belgique, a déjà relevé les acomptes mensuels de près de la moitié de ses clients. Et ne recrute plus de clients depuis cette semaine. En ligne, Mega indique à ses candidats clients qu’il ne peut plus leur offrir de contrat concurrentiel en raison des prix record sur le marché.

"Tous les opérateurs ayant des contrats fixes ne sont pas suffisamment couverts contre des hausses de prix, observe un acteur du secteur souhaitant rester anonyme. Pour les contrats de gaz variables, les fournisseurs devraient doubler les acomptes mensuels pour se conformer à l’évolution du marché. Si le prix du gaz reste au même niveau dans trois mois, quand il fera froid, cela peut très mal tourner pour certains petits acteurs."

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés