Veolia à la conquête de Suez

Antoine Frérot, PDG de Veolia, se positionne déjà comme le leader mondial des services aux collectivités locales. ©Photo News

Le mariage entre Veolia et Suez créerait un "super champion mondial" des services aux collectivités locales dans la gestion de l'eau, des déchets et de l'énergie.

Veolia, leader mondial des services à l'environnement, a annoncé avoir remis dimanche à Engie, maison mère du belge Electrabel, une offre ferme à 2,9 milliards d'euros en vue de lui racheter la quasi totalité de sa participation dans son concurrent Suez, dont Engie est l'actionnaire de contrôle.

9,7
milliards d'euros
L'opération valoriserait Suez à près de 10 milliards d'euros.

"Cette opportunité historique permettra de construire le grand champion mondial français de la transformation écologique", a commenté Antoine Frérot, le PDG de Veolia qui, si l'offre sur les 29,9% de Suez aboutit, a l'intention de déposer ensuite une offre publique d'achat sur les actions détenues par tous les autres actionnaires. L'opération valorise Suez à près de 10 milliards d'euros.

Suez, qui avait présenté en octobre un plan stratégique visant à détrôner son rival de sa place de numéro un, a pris "acte", dans un communiqué séparé. "La démarche de Veolia n'a pas été sollicitée et n'a fait l'objet d'aucune discussion avec Suez", qui réunira son conseil d'administration "dans les plus brefs délais afin d'étudier l'opération et ses impacts envisagés, sous le prisme de l'intérêt de la société, de ses actionnaires, ses salariés et l'ensemble de ses parties prenantes", a-t-il ajouté.

Engie a pour sa part fait savoir dimanche soir qu'il allait "étudier la proposition dans les prochaines semaines" et "privilégiera la solution la plus attractive pour ses actionnaires, dans le respect des parties prenantes et après prise en considération de la qualité du projet industriel", selon son communiqué.

Accord de l'État français

Cet été, Engie, présidé par Jean-Pierre Clamadieu, ex CEO de Solvay, a fait savoir qu'il était prêt à se désengager de Suez pour se recentrer sur son coeur de métier, l'énergie. Des discussions entre les deux parties se seraient tenues en août. Selon Les Echos, l'État français, qui est actionnaire d'Engie à hauteur de 24%, a été tenu au courant et n'a visiblement pas cherché à tuer dans l'oeuf ce projet de rapprochement qui permettrait de donner naissance au numéro un mondial des services aux collectivités locales.

Un domaine de plus en plus concurrentiel

La réunion de Veolia, déjà numéro un mondial du secteur, et Suez, numéro deux, faisait l'objet de spéculations régulières. Les deux groupes affichaient l'an dernier un chiffre d'affaires cumulé de quelque 45 milliards d'euros, dans un domaine de plus en plus concurrentiel à l'international, marqué notamment par la montée en puissance de groupes régionaux.

Le secteur reste très émietté, et la nouvelle entité représenterait encore moins de 5% de parts de marché au niveau mondial, souligne M. Frérot.

Mais "la concentration a commencé", prévient-il, relevant l'intérêt croissant de fonds d'investissement pour le secteur, ou la montée d'acteurs venus de Chine.

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