Wingas fournit du gaz russe aux ménages belges

La société germano-russe compte depuis le 1er janvier Nuon comme client.

Depuis le 1er janvier 2010, les clients particuliers de Nuon consomment, sans le savoir, du gaz russe. En effet, Wingas, joint-venture entre BASF et Gazprom, entrée sur le marché belge en 2003, livre non seulement une quarantaine de sites industriels dans la chimie, le textile, le métal ou l’industrie plastique, dont BASF Anvers, mais aussi Nuon Belgium, qui vise les clients particuliers et a déjà gagné 4 % des parts de marché dans notre pays.

Wingas n’est pas la seule source d’approvisionnement en gaz de Nuon Belgium, mais il en est désormais un fournisseur significatif, puisqu’il couvre un pourcentage "à deux chiffres" de ses besoins. Nuon se refuse à donner toute précision à ce sujet. "Pour nous, il s’agit avant tout de diversifier notre portefeuille, en diminuant notre dépendance vis-à-vis des acteurs historiques", note Kathleen Van Boxelaer, porte-parole de Nuon.

Environ 50 % du gaz vendu par Wingas vient de Gazprom, en Russie — le solde est acheté en mer du Nord ou sur le marché.

Les ambitions de Wingas ne s’arrêtent pas là. L’entreprise, basée en Allemagne, entend jouer un rôle croissant sur le marché belge. "Actuellement, nous avons environ 7 % de parts de marché en Belgique, annonce Gerhard König, porte-parole de la direction du groupe. L’objectif est d’arriver à 10 % à moyen terme." Le contrat avec Nuon n’est pas exclusif, et Wingas ne cache pas son intention de miser sur des contrats avec d’autres distributeurs, comme il le fait en Allemagne depuis des années. "Nous sommes désormais le troisième joueur derrière GDF Suez et ENI/Distrigaz, affirme Tom Amery, managing director de Wingas Belgium. Et nous pouvons jouer un rôle important, avec un impact positif sur la concurrence."

Le groupe, qui est également actif au Danemark, au Royaume-Uni ou en Autriche, caresse aussi des ambitions aux Pays-Bas, où il a commencé à approvisionner ses premiers clients.

Ventes en hausse

Malgré la chute de la demande et des prix en 2009, suite à la crise économique et financière, Wingas a vu ses ventes globales augmenter à 308 milliards de kilowattheures, contre 303 milliards en 2008, et a maintenu son résultat d’exploitation à 392 millions d’euros. Cette bonne tenue a été permise par les développements hors Allemagne, qui représentent désormais 45 % du total de ses ventes.

Le groupe, qui plaide pour un rôle croissant du gaz dans la production d’électricité, a programmé de gros investissements d’infrastructure pour mieux servir ses clients en Europe. Il prévoit d’y consacrer, d’ici 2015, pas moins de 3 milliards d’euros, principalement en Allemagne, mais destinés à l’ensemble du marché européen. De ces 3 milliards, 600 millions d’euros environ devraient être investis dès 2010.

Côté stockage, Wingas a déjà entamé la construction d’une capacité de stockage pour ses clients belges et néerlandais à Jemgum, dans le nord de l’Allemagne, qui viendra compléter celle qu’il possède à Rehden, près de Brême, et qui est la plus importante d’Europe occidentale.

Il a aussi débuté la construction d’Opal, un gazoduc chargé d’acheminer le gaz russe en provenance du fameux gazoduc Nord Stream (qui reliera la Russie à l’Allemagne via la mer baltique et auquel ses deux actionnaires participent) jusqu’à la frontière tchèque. Il projette un deuxième gazoduc, le NEL, qui partira du Nord Stream et se dirigera vers l’ouest, pour augmenter les capacités de transit vers l’Allemagne ou la Belgique.

 

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