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120 jours pour lancer l'entreprise de demain grâce à un "excubateur"

Photo prétexte (Station F, incubateur inauguré à Paris en juin 2017). ©Antonin Weber

Un "excubateur" d’entreprises offre une rampe de lancement pour 10 projets entrepreneuriaux orientés vers l’économie de demain. Les candidats recevront une formation intensive de 4 mois, grâce à l’appui financier de 6 grandes entreprises.

Intrapreneur

Un intrapreneur est un salarié qui lance sa propre activité au sein même de l'entreprise dans laquelle il travaille.

Extrapreneur

Un extrapreneur s'associe à une entreprise dont il ne fait pas partie pour proposer un projet nouveau. L'extrapreneur profite de l'aide de l'entreprise quand elle profite d'un apport de nouvelles idées.

Ce lundi 6 novembre aura lieu à Bruxelles, dans les locaux de Cofinimmo, le lancement d’un "excubateur" d’entreprises duquel sortiront dans 4 mois une dizaine de nouveaux business. On connaissait les intrapreneurs, ces salariés qui un beau jour décident de lancer leur propre activité au sein de l’entreprise qui les emploie. Voici à présent les "extrapreneurs". Ce sont des entrepreneurs qui s’associent à l’entreprise pour développer – en marge mais avec un accès aux ressources – un projet nouveau. C’est un "adossement" en quelque sorte.

Davantage connu dans les pays anglo-saxons, le concept commence pourtant à faire son chemin chez nous également. Pendant 4 mois donc, des jeunes et moins jeunes entrepreneurs seront encadrés et coachés pour mener à bien un projet entrepreneurial. Ils recevront l’appui de 6 grandes entreprises (AGC Glass, Tractebel, Exxon, Besix, Cofinimmo, notamment) qui, chacune, apporteront 25.000 euros. Le volet formation est assuré par Michel de Kemmeter et son équipe de spécialistes en transition économique.

Du "win-win-win"

Michel de Kemmeter est chef d’entreprise, fondateur de "Wise Holding" et engagé dans la réflexion sur les nouveaux modèles économiques. Il accompagne depuis un certain temps déjà entreprises et extrapreneurs dans cette démarche de partenariat. "Je rencontre régulièrement des jeunes qui en veulent, qui ont envie de développer des projets, mais qui sont inhibés par le facteur risque, le manque de ressources financières et surtout le fait d’être seul. En face, on a des entreprises qui peinent à se réinventer, tout simplement parce qu’elles sont enfermées dans leur propre business-model et constamment le nez dans le guidon."

Michel de Kemmeter. ©Thierry du Bois

L’extrapreneuriat, c’est du pur win-win, selon lui. Pour l’entreprise établie, la formule permet d’innover et d’explorer de nouvelles activités sans mettre son bilan et core-business en péril, puisqu’on est en présence d’entités juridiquement séparées.

L’extrapreneur, lui, peut compter sur un accès direct aux ressources de l’entreprise: expérience, compétences, financement, infrastructures, réseau de distribution, etc. Les questions d’investissement de départ et d’accès au crédit bancaire ne sont plus des obstacles dissuasifs. Le troisième "win" est pour la société, car chaque projet va répondre à plusieurs enjeux du moment. "Mais surtout, souligne Olivia Mariaule, chef de projet, l’extrapreneur apporte son énergie entrepreneuriale. Cette audace qui, dans nos sociétés occidentales vieillissantes, est devenue une denrée rare mais essentielle."

L’économie de demain

Dans la prochaine décennie, la majorité des jobs vont muter ou disparaître. Mais il y a aussi plusieurs espaces économiques émergents créateurs d’emplois. Il faut dès lors s’y préparer – et c’est l’objectif des 24 journées de formation-action qui amèneront les clés de la transition économique. On ne fera rien de nouveau avec les méthodes anciennes, affirment ses promoteurs.

"Sortir des sentiers battus est une condition indispensable au développement de nouvelles activités."
Michel de Kemmeter

La trentaine de candidats sont soit des jeunes qui ont déjà une première expérience professionnelle, soit des personnes envoyées par les entreprises partenaires. Ce sont souvent des profils que l’entreprise risque de perdre à défaut de pouvoir leur offrir un espace de développement à la hauteur de leurs ambitions. Soit encore des personnes plus seniors, en transition professionnelle.

Quant aux projets déposés par les candidats extrapreneurs retenus, ils sont environnementaux, sociétaux ou orientés vers l’économie de demain. "Sortir des sentiers battus est une condition indispensable au développement de nouvelles activités", estime Michel de Kemmeter. Exemples : un projet de recyclage de PMC (bouteilles et flacons en plastique) pour en faire des matériaux de construction de maisons avec Exxonmobil; la création d’un habitat écologique locatif et totalement autonome avec Besix; un outil de développement de villes et territoires avec Tractebel…

Au terme des 4 mois d’immersion, les candidats extrapreneurs maîtriseront les clés de la création d’un écosystème d’entreprises. "Excuber" et accélérer le processus de "spin-out", tel est l’objectif de cette démarche originale et porteuse pour l’économie.

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