2020, année record en levées de fonds pour nos start-ups et scale-ups

La biotech carolo Univercells, dirigée par Hugues Bultot, remporte la palme cette année avec une injection de capitaux totale de 120 millions d'euros. ©Kristof Vadino

Malgré la pandémie, les entreprises belges de croissance ont levé près d'un milliard d'euros l'an dernier lors de tours de table privés. C'est le quatrième record consécutif depuis 2017.

À 982 millions d'euros (+32% en un an), le montant total levé par nos start-ups et scale-ups sur l'année écoulée constitue un record. Jamais auparavant nos biotechs et entreprises technologiques n'avaient récolté autant, à l'occasion d'un record de 140 tours de table. Avec un bel équilibre entre le digital et les sciences de la vie à la clé, qui se partagent la manne à parts égales, même si le vivier biotech peut tout de même s'enorgueillir d'enregistrer, à lui seul, sept des dix plus importantes opérations de l'année.

+32%
Les entreprises belges de croissance ont réussi à lever quelque 982 millions en 2020, contre 745 millions d'euros l'an dernier: une hausse de 32% en un an.

La crise du coronavirus n'aura donc eu aucun effet sur le financement privé de nos jeunes pousses de croissance, bien au contraire. Et pour cause, la pandémie a accéléré la numérisation, terreau fertile d'activité, précisément, des nouveaux acteurs de l'économie.

Plus globalement, il est aussi à noter, comme autre phénomène, que nos pépites n'ont eu de cesse d'attirer plus de regards hors des frontières, puisque le nombre d'investisseurs étrangers a encore une fois connu une progression en 2020. Il n'est en ce sens plus rare de voir s'immiscer à la table des acteurs emblématiques de la Silicon Valley par exemple. Cet élément a d'ailleurs contribué au fait que nos biotechs réalisent des opérations toujours plus importantes, leur permettant de s'être quasi accaparé la moitié des capitaux levés sur l'année.

La palme à Univercells

Le géant KKR, Bill Gates et George Soros font partie des grands noms qui ont trouvé le chemin de Gosselies, via Univercells.

Rien d'étonnant donc que la palme de la plus importante levée de fonds revienne cette année à une biotech - wallonne de surcroît. La pépite carolo Univercells, qui a développé une technologie lui permettant de produire toutes sortes de vaccins dans des micro-usines, truste en effet le haut du classement après avoir levé quelque 120 millions d'euros, en deux tranches, courant 2020. À la manoeuvre? Du beau monde. En effet, parmi les investisseurs qui ont trouvé le chemin de Gosselies, l'on retrouve aussi bien le géant du capital-investissement KKR qu'un fonds lié à Bill Gates, ou que le milliardaire George Soros par exemple.

Mais la victoire ne s'arrête pas là pour le sud du pays qui, pour une fois, n'a pas à rougir. Et pour cause, une autre biotech wallonne talonne Univercells à la seconde place: Iteos Therapeutics . La société levait 114 millions au printemps auprès d'investisseurs principalement américains. Une opération qui s'est avérée n'être finalement qu'un tremplin vers une introduction en bourse, puisque l'intéressée faisait ses premiers pas sur le Nasdaq deux mois plus tard, surfant ainsi sur les valorisations à la hausse du côté des marchés financiers. L'entreprise peut désormais se targuer d'une capitalisation boursière d'environ un milliard de dollars (soit 826 millions d'euros) – de quoi inspirer Univercells qui envisage elle aussi de faire ses premiers pas sur le même marché, bien que le processus n'en soit encore qu'à ses balbutiements.

Collibra, leader de la tech

La plateforme de gestion de données Collibra complète du reste le podium, avec une médaille d'or, tout de même, pour sa place de première entreprise technologique – créneau dominé par la Flandre -, forte d'un tour de capital de 103 millions d'euros. La majeure partie de cet argent frais a été trouvée chez ses actionnaires existants, soit le bras armé en investissement de la maison mère de Google (G Capital) ainsi que le fonds d'investissement chargé de gérer notamment des actifs pour Mark Zuckerberg (patron de Facebook), Iconiq Capital. Valorisée alors à 1,89 milliard d'euros, Collibra se vit dotée du statut de première licorne belge, à savoir une société de croissance avec une valorisation de plus d'un milliard de dollars. Plus tard dans l'année, Sofina, le holding de la famille Boël, est lui aussi venu s'inviter au capital.

Enfin, il convient de dire que, si les entreprises bruxelloises francophones et wallonnes actives dans le développement de logiciels restent loin derrière leurs homologues flamandes, surtout localisées à Gand, elles ne s'en sont pas trop mal sorties cette année avec une petite quinzaine d'opérations ayant permis de lever une septantaine de millions d'euros, contre une nonantaine de millions au nord via une petite quarantaine de tours de table.

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