30% des entreprises belges seulement ont adopté l'intelligence artificielle

Selon une étude d’Avanade, le spécialiste cloud de Microsoft, la Belgique aurait un retard considérable dans l’adoption de l’intelligence artificielle en entreprises. Le constat est pourtant à nuancer.

Les entreprises belges seraient à la traîne par rapport au reste du monde quand il s’agit d’adopter la technologie de l’intelligence artificielle (IA). Telle est la conclusion d’Avanade, le principal innovateur numérique de l’écosystème Microsoft . Selon l’étude publiée, près de huit cadres supérieurs belges sur dix pensent que l’intelligence artificielle aura un impact considérable sur leur entreprise et leur société à l’avenir, et deux tiers de tous les sondés admettent que la technologie apporte une valeur ajoutée. Cependant, malgré cet attrait, seulement un tiers des entreprises belges ont déjà mis en œuvre l’une ou l’autre forme d’IA; un chiffre nettement inférieur à la moyenne mondiale.

"Nous constatons que les chefs d’entreprise belges ont envie d’adopter l’IA, mais qu’ils hésitent clairement. Alors que la technologie est souvent présentée comme essentielle pour doper l’efficience et l’efficacité opérationnelle, les dirigeants ont du mal à comprendre comment et où elle aura le plus d’impact au sein de leur entreprise ", déclare Patrick Tack, expert en données et en IA chez Avanade Belgique.

"Toutes les entreprises n’ont pas besoin de l’intelligence artificielle. Le but n’est pas d’atteindre 100% d’adoption." Laurent Hublet

Un constat qui apparaît comme représentatif mais qu’il convient de mettre en perspective pour avoir une vue globale de l’évolution de la pénétration de l’intelligence artificielle dans les entreprises. Si la Belgique accuse certainement un retard en termes d’adoption, l’écosystème est en passe de prendre une réelle importance comme le confirme Pierre Martens chez Agoria, la fédération des entreprises technologiques: "Nous ne possédons pas encore de chiffres précis sur le taux d’adoption, mais 30% nous semblent tout à fait réalistes. Bien sûr, la Belgique a du retard, mais nous sommes dans une vague extrêmement dynamique en la matière et les exemples sont là pour le prouver."

Les exemples qui fonctionnent

Il faut reconnaître que des exemples, la Belgique peut déjà en présenter une belle série. On retiendra notamment la collaboration entre Radix, l’une des start-ups en vue du secteur, et Brussels Airport. Il est maintenant possible de prédire l’heure exacte d’arrivée des bagages des passagers sur le tapis roulant et de mieux réguler les flux de passagers. Autre grand adepte, Proximus . L’opérateur télécom a depuis longtemps saisi le potentiel de la technologie et l’applique par exemple pour mieux prédire quel type de technicien il faudra envoyer pour régler un problème technique. Proximus a ainsi réussi à réduire sensiblement le taux d’erreur lié à cette activité. Même les communes s’y mettent, puisque Woluwe-Saint-Pierre a développé en collaboration avec la société ReImagine, un chatbot permettant aux habitants d’obtenir directement des réponses à leurs questions basiques.

"Woluwe-Saint-Pierre a développé en collaboration avec la société ReImagine, un chatbot permettant aux habitants d’obtenir directement des réponses à leurs questions basiques."

De plus en plus d’entreprises testent les possibilités de l’intelligence artificielle, mais comme le rappelle Laurent Hubelt, CEO de BeCentral et ancien collaborateur du ministre en charge de l’Agenda digital: "Toutes les entreprises n’ont pas besoin de l’intelligence artificielle. Le but n’est évidemment pas d’atteindre 100%. Il faut un intérêt business, sinon cela n’a pas de sens."

Le plus inquiétant dans les résultats de cette étude est sûrement que plus de la moitié des sondés admettent ne pas comprendre complètement la technologie et ses applications spécifiques au sein de l’entreprise. Un constat qui sera l’un des défis pour le prochain ministre fédéral en charge du digital et les fédérations d’entreprises. Il y a encore du chemin pour que l’intelligence artificielle ne soit plus un mirage technologique dans les entreprises.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect