Apple, le grand gagnant de la réforme fiscale de Trump

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Apple a tout à gagner de la réforme fiscale proposée par le président Donald Trump et en cours d'approbation. Selon les fiscalistes, le nouveau régime de taxation permettra au géant technologique d'économiser jusqu'à 40 milliards d'euros.

"Satisfecit" pour la politique économique menée par Donald Trump. En dépit de couacs sur l'immigration, le climat et les relations raciales, les grands patrons américains ont le sourire. Pour preuve, la confiance des milieux d'affaires a atteint au quatrième trimestre son plus haut depuis début 2012.

Les milieux d'affaires américains apprécient particulièrement les efforts de déréglementation affichés et l'offensive pour une réforme fiscale avantageuse pour les entreprises. Celle-ci a été votée la semaine dernière par le Sénat américain et doit encore faire l'objet d'un accord avec la Chambre des représentants.

A en croire le "Financial Times", si la réforme fiscale telle que prônée par le Président américain aboutissait, la facture fiscale des grandes sociétés serait fortement amputée. Le plus grand gagnant de cette réforme serait Apple avec un gain estimé à plus de 47 milliards de dollars (près de 40 milliards d'euros).

Si les détails de cette réforme doivent encore être finalisés, les experts ont en effet déjà pris leurs calculettes.

La manne potentielle de gains les plus importants provient du taux d'imposition réduit pour les bénéfices jusqu'ici stockés par les entreprises dans des filiales hors Etats-Unis. Comme beaucoup, Apple a fait ce choix de laisser une grande partie de ses bénéfices dans des filiales non américaines, de quoi lui éviter un prélèvement de 35% si elle décidait de les rapatrier aux Etats-Unis.

→ La proposition républicaine vise à ne plus taxer ces montants qu'à hauteur de maximum 14,5%, qu'ils soient ou non rapatriés. Une aubaine pour les 252 milliards de dollars de liquidités et d'investissements d'Apple stockés à l'étranger. A lui seul, Apple représente un cinquième des 1.300 milliards de dollars détenus par des sociétés américaines hors frontières nationales. La deuxième marche du podium est occupée par Microsoft et ses 132 milliards de dollars.

31,4 milliards de dollars
Gains d'Apple
Si Apple rapatriait les bénéfices de ses filiales étrangères sous le régime fiscal actuel, il serait taxé à hauteur de près de 79 milliards de dollars. Sous le nouveau régime, ce montant passerait à 31,4 milliards de dollars.

Si Apple rapatriait cet argent sous le régime actuel, il serait taxé à hauteur de près de 79 milliards de dollars. Sous le nouveau régime, ce montant passerait à 31,4 milliards de dollars, estime un fiscaliste qui avait été entendu par le Sénat sur l'affaire du dossier fiscal d'Apple.

Ce montant pourrait cependant encore être réduit. Apple a en effet conclu cette semaine un accord avec le gouvernement irlandais pour les 13 milliards d'avantages fiscaux perçus par l'Américain et dénoncés par l'Europe. Si Apple s'acquittait de ce montant, les montants taxés aux Etats-Unis seraient réduits et la taxe ne serait plus que de 29,3 milliards de dollars.

Contrairement à de nombreuses sociétés américaines, Apple a déjà anticipé cette taxe. La société a ainsi provisionné quelque 36 milliards de dollars. La réforme fiscale telle qu'envisagée par Donald Trump lui permettrait donc de voir l'avenir avec sérénité.     

"L'Europe doit défendre ses intérêts"

Bruno Le Maire ©REUTERS

Tous pourtant ne saluent pas les projets de réforme de Donald Trump. En Europe, les risques de "contaminations" se font sentir. Le ministre français de l'Economie,  Bruno Le Maire, se dit inquiet.  "Nous avons de l'autre côté de la planète, aux Etats-Unis, une réforme fiscale de grande ampleur, avec une proposition massive de baisse du taux de l'impôt sur les sociétés. Ce serait mal placé de critiquer ce choix-là, puisque nous avons fait le même choix avec le Président de la République et le Premier ministre en ramenant le taux d'impôt sur les sociétés de 33,3% à 25% en cinq ans. Mais s'il devait y avoir dans cette réforme fiscale des dispositions qui contreviennent aux règles fiscales internationales, notamment celles de l'OCDE, cela poserait à tous les Européens un problème."

Ses craintes portent notamment sur le rapatriement des filiales de groupes américains en cas de double imposition, entre les sociétés filles et les sociétés mères. "Cela nous ferait perdre des emplois et de la croissance économique, cela nous poserait évidemment des difficultés." Il appelle l'Union européenne à avoir une discussion "franche et sincère pour que l'Europe sache défendre ses intérêts".

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