CE+T plus affecté que Carmeuse ou CMI sur le marché turc

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De nombreuses entreprises belges ont des intérêts stratégiques en Turquie, qu'il s'agisse d'usines ou de clients. Mais toutes ne sont pas touchées de la même manière par la hausse de la livre.

La Turquie est la 14e client de la Belgique, selon les exportations, et son 17e fournisseur (imports). Nos principales exportations vers ce pays relèvent des secteurs de la chimie, des plastiques et des métaux de base, dans cet ordre. De 4,8 milliards d’euros en 2014, elles ont fléchi à 4,5 milliards en 2015. Chez Essenscia, la fédération belge de la chimie et des sciences de la vie, on relève que le secteur a exporté pour 2,3 milliards d’euros de produits vers ce pays l’an dernier: 1,3 milliard dans la chimie/pharma et 1 milliard dans les plastiques.

Du côté des entreprises wallonnes, le groupe Carmeuse y détient pas moins de six usines, qui produisent de la chaux ou de la chaux dolomitique pour fournir à la fois le marché local et certains pays d’Afrique. Il opère là-bas via sa filiale turque Kimtas.

"Nous vivons avec les fluctuations de la livre turque depuis des années. Mais ces deux dernières années, celles-ci sont plus importantes que jamais."
Véronique de Coster
Porte-parole de Carmeuse

"Nous vivons avec les fluctuations de la livre turque depuis des années, souligne sa porte-parole Véronique de Coster. Mais ces deux dernières années, celles-ci sont plus importantes que jamais. Actuellement, toutefois, le marché turc se porte très bien, de sorte que les bonnes performances de nos usines locales compensent la dévaluation de la livre." Carmeuse a renoncé à se couvrir contre les fluctuations de la monnaie turque, ayant jugé le prix de ce type d’assurance exorbitant.

Un autre wallon, l’équipementier électrique CE+T, est plus nettement impacté. Dans ce pays, il fournit en systèmes d’alimentation sans interruption des clients prestigieux comme l’opérateur Turkish Telecom et Turkish Rail. Il a vu son courant d’affaires chuter une première fois en Turquie en 2016 suite à la tentative de putsch.

En 2017, le business y avait bien repris, mais cette année, il est retombé au quart de ce qu’il était en 2015. "Des budgets ont été coupés et beaucoup d’investissements ont été annulés", nous dit-on chez CE+T dont c’est (c’était) le 10e marché à l’export.

Pas de souci, en revanche, pour le groupe d’ingénierie CMI: "On a un flux d’affaires important avec la Turquie, dit son porte-parole Etienne Botton, surtout dans la sidérurgie et l’énergie, soit pour réaliser des projets dans le pays même, soit pour attaquer la grande exportation avec des partenaires turcs. La plupart des projets sont libellés en euro ou en dollar, ce qui explique qu’on ne soit guère affecté par les soubresauts de la monnaie."

De nombreux autres autres wallons sont présents sur ce marché, parmi lesquels Vesale Pharma, Amos, Hamon, Glutton, Schreder, Greisch…

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