Eurofiber et Nethys attaquent Infrabel

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Eurofiber, qui avait racheté B-Telecom en 2015, demande réparation pour des contrats perdus. Il réclame 8 millions. Nethys, candidat éconduit, demande à la Justice d’annuler la vente.

Deux ans après avoir vendu B-Telecom, sa cellule de gestion de fibres optiques, plus rien ne va entre Infrabel et l’acheteur, le groupe néerlandais Eurofiber. Selon nos informations, celui-ci a intenté une action en Justice contre Tuc Rail, filiale du gestionnaire d’infrastructure ferrée, spécialisée dans le génie civil. Il réclame un montant de 8 millions d’euros en dommages et intérêts.

L’action en Justice vise la filiale d’ingénierie d’Infrabel car début janvier, dans le cadre d’une fusion-absorption, Tuc Rail a intégré Ixilio, l’entité restante après la cession de B-Telecom. Eurofiber bloque aussi unilatéralement le montant consigné sur un compte, soit environ 30% de la transaction. Infrabel confirme la citation en Justice d’Eurofiber.

Selon des sources proches du dossier, Eurofiber dénonce le fait que des clients de B-Telecom n’ont pas renouvelé des contrats à durée déterminée. Tuc Rail s’est adressé au tribunal de commerce de Bruxelles pour récupérer l’argent consigné.

Licenciement abusif

Le groupe néerlandais avait déboursé 33 millions en cash pour s’offrir B-Telecom en juin 2015. Par la suite, il a été lui-même racheté par le fonds d’investissement français Antin Infrastructure Partners pour environ 875 millions d’euros.

Lorsque Syntigo, filiale d’Infrabel, avait lancé la procédure de concession B-Telecom, Eurofiber était en lice avec deux candidats belges: le fonds d’investissement E-Capital et le groupe liégeois Nethys (il proposait 25 millions en cash). Celui-ci avait tenté par deux fois de faire suspendre par la Justice l’attribution de la concession à Eurofiber, mais en vain.

Selon nos informations, les dirigeants de Nethys sont revenus à la charge. Ils ont introduit une nouvelle action en Justice, sur le fond cette fois, pour annuler la vente de B-Telecom à Eurofiber. L’action vise ici Ixilio. Nethys estime que la procédure de cession de B-Telecom n’a pas été transparente et viole le principe d’égalité de traitement des candidats acquéreurs.

Les deux actions en Justice risquent d’embarrasser les dirigeants d’Infrabel dans la mesure où ils sont attaqués d’un côté par le partenaire à qui ils avaient cédé la cellule de gestion des fibres optiques et de l’autre par le candidat éconduit. Si la Justice vient à donner raison à Nethys, Infrabel risque de devoir le payer cher en termes de réparation financière. Pour couronner le tout, l’ex-CEO de Syntigo (c’était le nom de l’entité qui regroupait B-Telecom et Ixilio) attaque Ixilio en Justice pour licenciement déraisonnable.

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