L'agence digitale Emakina n'est pas rassasiée

Karim Chouikri, Brice Le Blévennec (co-CEO) et Frédéric Desonnay (CFO). Les patrons d’Emakina anticipent une croissance organique "à un chiffre" pour 2017. ©Emakina

Le groupe de communication digitale Emakina a connu une forte croissance depuis son entrée en Bourse en 2006. Fin 2016, il était présent dans neuf pays via 15 agences. 2017 s’annonce prometteuse, avec le gain de nombreux nouveaux clients. Le groupe peine à recruter les profils dont il a besoin en Belgique.

Depuis le début de l’année, le groupe belge de communication digitale Emakina a empoché une douzaine de nouveaux clients, rien qu’en Belgique. "C’est exceptionnel, d’habitude nous n’en gagnons qu’une demi-douzaine par an, claironne Brice Le Blévennec son co-CEO (avec Karim Chouikri) et chief visionnary officer" (sic). Je sens d’ailleurs qu’après une année 2016 pénible le business reprend: en Belgique mais aussi aux Pays-Bas et en France."

Les chiffres clés

15 agences

Fin 2016, le groupe Emakina comptait 15 agences dans 9 pays.

77,3 millions € de chiffre d’affaires

L’an dernier, Emakina a vu ses revenus grimper de 10% pour un résultat net stable à 1,147 million d’euros.

59% à l’international

Emakina a réalisé près de 60% de son chiffre d’affaires à l’étranger.

780 emplois

En 2016, Emakina employait 780 collaborateurs.

L’an dernier, Emakina a pourtant connu une croissance à deux chiffres à 77,3 millions d’euros, dopée par des acquisitions (les agences suédoise Dempsey et autrichienne k.section) et le gain de nouveaux budgets: "Mais certains clients ont reporté des projets car ils n’osaient plus venir à Bruxelles, le climat sécuritaire nous a fait mal", estime Brice Le Blévennec. L’ebitda a ainsi reculé de 11% à 5,4 millions, mais c’est surtout dû aux investissements pour soutenir la croissance du groupe et l’intégration de ses entités.

Car Emakina a beaucoup grandi ces dernières années. Détenu essentiellement par ses fondateurs (Brice Le Blévennec, Denis Steisel) et son management, son entrée sur Alternext en 2006 (14,4% du capital aujourd’hui) lui a permis de financer le démarrage de son expansion. Au cours des cinq dernières années, ses revenus ont crû de 58%. Composé fin 2016 de 15 agences dans neuf pays, le groupe est présent sous la marque Emakina en Belgique, Autriche, Suisse, France, Pays-Bas, Hongrie, Suède et Turquie. Il comprend aussi les agences The Reference (Gand et New York), Design is dead (Anvers) Your Agency (Ophain), k.section (Vienne) et Robert & Marien (Boitsfort, détenu à 25%). Le digital représente 95% de ses activités, la pub traditionnelle 5%. Aujourd’hui, près de 60% de ses revenus viennent de l’international. Et ce n’est pas fini puisqu’en début d’année, il a encore acquis 100% de l’agence suédoise DBG. Il n’est donc pas inconcevable que le groupe atteigne un jour la barre des 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ayant déjà un pied en Asie (en Turquie) et aux Etats-Unis (à New York via The Reference), Emakina ne semble pas se fixer de limites, allant "là où les clients ont besoin de lui, mais notre priorité c’est l’Europe, précise le co-CEO. Nous ne sommes présents que dans huit pays et pas encore en Allemagne ni au Royaume-Uni, si ce n’est via des partenariats".

Emakina a en effet développé des partenariats avec des agences aux quatre coins du monde (comme en janvier avec l’agence de pub Air, première agence indépendante belge), ceci afin d’offrir un panel d’activités le plus complet possible à ses clients.

Surfant à fond sur la digitalisation de l’économie, Emakina se présente désormais comme faisant partie du top 3 européen des agences digitales "full service" indépendantes, ceci au travers de six métiers: la création de sites web, des logiciels et applications, le développement de plateformes d’e-commerce, le marketing d’activation (réseaux sociaux, moteurs de recherche…), la consultance et la production audiovisuelles (3D…).

Selon Brice Le Blévennec, le groupe compte en Belgique la moitié du top 100 des annonceurs dans son escarcelle. Tous pays confondus, il travaille pour des marques comme BNPP Fortis, KBC, ING, AG, Axa, Telenet, Base, Orange, Unilever, Diageo, Hema, Peugeot-Citroën, Audi, Volkswagen, etc. Raison pour laquelle, pour éviter les conflits d’intérêts et les problèmes de confidentialité, il a multiplié les acquisitions d’agences, organisant une sorte de concurrence entre elles.

Cette masse de travail – 4.000 projets par an – a entraîné un bond de l’emploi qui a presque doublé en cinq ans, passant d’un peu plus de 400 à près de 800 collaborateurs, malgré la suppression de 25 emplois en 2013. Pas plus tard qu’hier, Emakina a annoncé l’arrivée d’une dizaine de nouveaux employés rien que pour son agence belge. Revers de la médaille, le groupe peine à trouver les profils correspondant à ses besoins: "Si demain je trouve une vingtaine de développeurs, je suis prêt à les engager", conclut son patron.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content