La riposte contre Amazon et Netflix s'organise à coups de méga fusions

©Bloomberg

Les opérations à plus de dix milliards de dollars se sont multipliées au premier semestre. Les grands acteurs des médias et télécoms cherchent à contrecarrer, en se mariant, la montée en puissance de Netflix et Amazon.

Les fusions et acquisitions dans le monde ont atteint un niveau record au premier semestre, à 1.960 milliards de dollars, selon les données compilées par le bureau Dealogic. La progression par rapport au premier semestre 2017 est de 42%.

Le plus remarquable est que cette forte hausse est soutenue par le boom des méga-opérations.

→ Les deals de plus de 5 milliards de dollars ont plus que doublé (+117%) en valeur
→ Les deals à plus de 10 milliards, au nombre de 35, ont plus que triplé pour totaliser 938 milliards USD contre 234 milliards à fin juin 2017. Le précédent plus haut remontait au premier semestre 2015, avec 648 milliards.

"Aujourd’hui, le marché mondial connaît le cycle de croissance le plus long de tous les temps", souligne Pierre-Olivier Mahieu, avocat au bureau Allen & Overy qui vient de publier une étude sur le marché des fusions et acquisitions. "Les incertitudes géopolitiques n’empêchent pas les conseils d’administration de conclure des opérations stratégiques. Cette confiance peut être attribuée à un climat de financement favorable et soutenu, à une disponibilité élevée de liquidités et à une volonté de saisir les opportunités."

Les TMT au sommet

Si la confiance et les facilités de financement expliquent la vigueur de la tendance, l’étude épingle aussi un élément sectoriel interpellant. Les technologies, médias et télécommunications (TMT) ont été le deuxième secteur le plus "couru" sur la période, avec pour 625 milliards USD d’opérations annoncées – seul le secteur énergie & infrastructures l’a devancé avec 703 milliards.

Il a été soutenu par deux énormes deals, le projet d’ATT de fusionner avec Time Warner pour 85 milliards, qui a franchi en juin l’écueil du ministère de la Justice américain qui avait tenté de contrecarrer l’opération, et la bataille pour le rachat de la division loisirs de 21st Century Fox, qui oppose Comcast et Disney. Selon le rapport, les grands acteurs traditionnels des médias et des télécoms cherchent à se renforcer pour contrer la puissance grandissante des nouveaux géants que sont Netflix et Amazon sur le marché des loisirs.

Objectifs divers dans les sciences de la vie

107%
M&A
Les fusions et acquisitions dans le secteur des sciences de la vie ont crû de 107% à 309 milliards de dollars.

Parmi les autres secteurs affichant une forme étincelante figurent les sciences de la vie : pharma, biotechnologie, etc.
Les fusions et acquisitions annoncées dans ce domaine ont crû de 107% à 309 milliards de dollars. Il y a plusieurs raisons à cela, selon Allen & Overy. Si le japonais Takeda s’offre Shire pour 76 milliards USD, c’est à la fois pour diversifier son portefeuille de traitements et étendre son empreinte géographique à de nouveaux marchés.

D’autres deals du secteur sont motivés par une spécialisation accrue dans certains segments, une stratégie qui entraîne la cession des départements jugés " non-core ". C’est le cas du français Sanofi, qui a vendu ses activités génériques Zentiva à Advent mais racheté Bioverativ aux Etats-Unis et Ablynx en Belgique. Troisième source de motivation : l’intégration verticale. C’est particulièrement visible sur le marché nord-américain, où l’on assiste à des fusions entre groupes pharma et compagnies d’assurance. Pour preuve, les mariages programmés entre Express Scripts (prescription médicale) et Cigna (assurance) ou entre CVS Health (pharma) et Aetna (assurance).

Les Japonais hors du Japon

Parmi les autres enseignements à tirer de ce semestre record, l’étude pointe l’Europe de l’Ouest, qui a enregistré un bond de 103% des deals en valeur, et le Japon, qui a affiché un quadruplement (+365%). Les entreprises nippones sont devenues les deuxièmes acheteuses hors de leur pays, derrière leurs homologues américaines. " La population vieillissante du Japon et un marché domestique en contraction contraignent les entreprises à rechercher des opportunités de croissance à l’international ", souligne le rapport. Question à cinq euros : ne pourrait-on appliquer le même raisonnement à l’Europe et à la Belgique ?…

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