Les sociétés belges de Bernard Tapie sont liquidées

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Le tribunal de l'entreprise de Liège vient de décider de prononcer la liquidation judiciaire de GBT Holding et d'Aircraft Management Services (AMS), les deux sociétés belges de l'homme d'affaires Bernard Tapie. L'avocat Roman Aydogdu, qui était l'administrateur provisoire des sociétés, a été nommé liquidateur.

La justice belge ne sourit pas à Bernard Tapie. La troisième chambre du tribunal de l'entreprise de Liège vient de placer les deux sociétés belges de l'homme d'affaires français en liquidation. Nous avons pu consulter ces jugements, ils ne sont pas tendres avec la gestion de GBT Holding (GBTH) et AMS, les deux sociétés en question. Le tribunal a notamment dénoncé "l'absence de comptes consolidés et l'opacité entretenue par GBTH", notamment par le biais de flux de capitaux intra-groupes.

En 2015, dans le conflit qui l'opposait au Crédit Lyonnais à la suite de la vente d'Adidas, Bernard Tapie avait été condamné, en France, à rembourser 404 millions d'euros à l'Etat français. Ses sociétés belges avaient été déclarées co-débitrices de ces montants. Depuis, une bagarre judiciaire fait rage entre Bernard Tapie et l'Etat français. En Belgique, l'homme d'affaires est en train de perdre la main. 

Citation en liquidation

A la mi-avril 2018, Bernard Tapie avait été dessaisi de tout pouvoir au sein de ces deux sociétés belges et l'avocat Roman Aydogdu avait été nommé administrateur provisoire. La mission celui-ci était double: il devait retracer l'historique des opérations intragroupes intervenues avec les autres sociétés de Bernard Tapie et il devait établir des comptes consolidés des deux sociétés. 

Le 19 novembre 2018, le Consortium de Réalisation (CDR - filiale de l'Etat français chargée de solder le passif du Crédit Lyonnais) a décidé de citer les deux sociétés belges en liquidation. Au cours d'une audience qui s'est tenue à Liège le 19 décembre dernier, les époux Tapie ont tenté d'obtenir un délai complémentaire soutenant qu'ils envisageaient d'organiser une assemblée générale extraordinaire qui déciderait de la dissolution volontaire des sociétés. Le tribunal, relevant qu'une telle assemblée générale avait déjà été postposée à plusieurs reprises, avait refusé d'accorder ce délai supplémentaire. 

Moyens dilatoires

"Le tribunal relève à cet égard qu'il résulte des explications données que l'utilisation de moyens dilatoires ressort de procédures diligentées ultérieurement", peut-on lire dans le jugement prononcé le 21 décembre. Les juges ont estimé que "les diverses déclarations des intervenants (...) permettent de douter de la tenue effective de cette assemblée générale dans les délais indiqués, alors que l'administrateur provisoire a présenté sa démission".  Le tribunal a ensuite constaté que la situation des deux sociétés se caractérisait par des circulations de fonds entre les différentes sociétés du groupe, une circulation difficile à suivre du fait de l'abence de comptes consolidés et l'opacité entretenue par GBTH et AMS. 

Rapport de l'administrateur provisoire

Le 17 novembre dernier, l'administrateur provisoire avait remis son rapport de mission. D'emblée, constatant que l'actif net, par le biais de différentes pertes, est inférieur à zéro, Roman Aydogdu a proposé de dissoudre volontairement les sociétés. "Je n'aperçois aucune mesure raisonnablement susceptible de redresser la situation financière de la société", a expliqué l'administrateur provisoire. Pour le dire simplement, la société n'avait plus d'actifs et aucune liquidité, compte tenu du fait que ses avoirs bancaires ont été saisis. 

Fin de parcours donc pour les sociétés belges de Bernard Tapie qui, rappelons-le, étaient sous le coup d'une citation en faillite dans le chef du parquet de Bruxelles.

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