Les PME ont de nouveau envie d'engager

Les PME envisagent de créer plus de 11.000 nouveaux emplois en 2016. Cette embellie est principalement due à la baisse des cotisations patronales prévue par le Fédéral. Et en plus de créer des emplois, le secteur s'attend à en sauvegarder d'autres.

La réforme fiscale prônée par le gouvernement Michel apporte du baume au cœur des petites et moyennes entreprises en matière d'emploi. Selon une enquête menée par la société de services de ressources humaines SD Worx, plus de 28% des PME pensent qu'elles emploieront davantage de travailleurs à la fin 2016 qu'aujourd'hui.

Ce pourcentage pour les perspectives d’emploi à un an n'a jamais été aussi élevé. SD Worx a aussi sondé les PME pour savoir si le taxshift a influencé leur choix. Et d'après les résultats de cette enquête, il existe bien une corrélation entre ce chiffre record et la réduction progressive des cotisations patronales de 33% à 25%.

"L'enquête nous apprend que plus de 11.000 nouveaux emplois devraient être créés, rien que grâce à cette réduction. Outre ce chiffre de base, quelque 18.000 nouveaux emplois pourraient voir le jour. De très nombreux chefs d'entreprise font valoir que cette mesure représente un incitant supplémentaire au recrutement."
Marie-Caroline Mathelot
SD Worx

En plus de créer des emplois, les mesures de réduction des coûts salariaux auront aussi pour effet de 'sauver' des postes. Plus de 20.000 emplois seraient passés à la trappe dans les PME si ces mesures n'avaient pas été prises, nous apprend encore SD Works. Environ 62% des PME belges s'attendent ainsi à un statu quo de l'emploi pour la fin 2016.

23.866
À raison de 216.968 PME en Belgique, ce sont donc 23.866 emplois qui seront 'sauvés' grâce à la réduction des coûts salariaux. Les chefs d'entreprise sont par ailleurs 50,9% à considérer qu'il y aurait eu un statu quo même sans l'effet de la diminution des cotisations patronales à 25%.

Là aussi, l'impact du taxshift est perceptible: 11% des dirigeants de PME anticipent un statu quo grâce à la baisse à 25% de la cotisation patronale. Sans ces mesures de réduction, ils s’attendent à une baisse de l’emploi.

Le Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI) confirme également cette tendance mais se veut plus réservé. "Ce n’est pas illogique, dès l’année prochaine, les six premiers engagements coûteront moins cher et les cotisations patronales vont également baisser" confirme Christine Mattheeuws, la présidente du SNI. Mais selon elle, "durant les premiers mois de 2016, la majorité des entrepreneurs seront prudents. Ils attendent de voir le déroulement concret des mesures qui ont été prises dans le cadre du tax shift".

Plus les PME sont petites, plus elles sont optimistes

©Dries Luyten

Les petites PME, à savoir celles qui emploient moins de cinq travailleurs, sont significativement plus nombreuses que les grandes à pronostiquer une augmentation de l'emploi uniquement en raison de la baisse à 25% des cotisations patronales. "Il y aura, à partir du premier janvier 2016, des incitations supplémentaires par le biais d’une augmentation des montants de réduction du 2e au 6e travailleur. L’important impact de ces mesures sur cette catégorie d'employeurs, traditionnellement très prudente par rapport aux fluctuations de l'emploi, est une excellente nouvelle", se réjouit

Des points à améliorer

Maintenant que les coûts du personnel ont diminué, les entrepreneurs indiquent trois difficultés sur lesquelles il faut travailler en priorité en 2016. Pour le SNI, le principal obstacle à l'embauche reste la lourdeur administrative. D'après l'enquête menée par le syndicat, 43% des entrepreneurs estiment qu'il faut prioritairement diminuer le manège administratif en 2016 en réduisant les attestations, enquêtes et statistiques afin que les mêmes informations ne soient pas réclamées quatre fois par différentes institutions gouvernementales.

24% des indépendants, microentreprises et PME pensent aussi qu’il est important de travailler sur une réduction des factures énergétiques en éliminant la "discrimination avec les grandes industries qui, en matière d’énergie, reçoivent des réductions de tous côtés et qui ne payent pas ce qu’elles devraient", selon le sondage du SNI.

Enfin une amélioration complémentaire du statut social arrive sur la dernière marche du podium des priorités des entrepreneurs en 2016. Le fait que les entrepreneurs ne peuvent bénéficier d’une allocation d’incapacité de travail après seulement un mois les perturbe. Un salarié ou un fonctionnaire bénéficiera de ces allocations dès le premier jour.

Les PME allemandes, colonne vertébrale de l'industrie du pays, espèrent créer 200.000 nouveaux emplois dans le pays en 2016. Ainsi, 39% des petites et moyennes entreprises ayant répondu à un sondage du BVMW envisagent d'embaucher de nouveaux salariés en 2016, contre seulement 8% qui prévoient de licencier, tandis que les 53% restants n'entrevoient pas d'évolution de leurs effectifs. 

"Malgré une conjoncture économique mondiale peu favorable, les chefs d'entreprise allemands abordent majoritairement l'année à venir avec optimisme", s'est réjoui Mario Ohoven, président de la fédération nationale des entreprises de taille moyenne (BVMW).

Par contre, ces nouveaux emplois ne concerneront pas les réfugiés. 70% des PME estiment que l'arrivée massive de réfugiés ne contribuera "vraisemblablement pas" à compenser le manque de bras pour faire tourner leurs usines.

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