S'absenter une heure du boulot sera bientôt légal

©Bloomberg

Devoir prendre un jour de congé entier pour se rendre chez le médecin, c’est râlant. La fédération automobile veut proposer à ses travailleurs le système de la microabsence.

Qu’on l’appelle congé de conciliation ou microabsence, tout travailleur en a eu un jour besoin. On a tous dû un jour accepter un rendez-vous en pleine journée avec un technicien pour une réparation de chaudière et négocier son absence avec son patron, ou prendre congé toute la journée. Pour assister à une fête de l’école ou aller chez le médecin aussi.

Bref, souvent, c’est compliqué. Mais ça pourrait changer. Le secteur du commerce et de la réparation automobile a conclu un projet d’accord concernant la microabsence.

Pour une heure ou deux

2 heures
Dans le secteur automobile, les travailleurs pourront bientôt s’absenter pour convenance personnelle quelques heures par jour.

Les fédérations patronales Traxio et Febelcar se sont associées à l’entreprise de services RH Acerta pour élaborer un cadre réglementaire qui pourra rendre transparents ces congés de quelques petites heures.

Sarah De Groof, juriste et senior consultante chez Acerta, connaît bien la problématique pour avoir réalisé son mémoire sur le sujet. Elle explique combien les études focalisées sur le bien-être au travail mettent en exergue l’importance de l’autonomie du personnel pour améliorer son équilibre entre vie privée et vie professionnelle. Un idéal difficile à réaliser dans les faits.

C’est donc à la demande de Traxio, la fédération du secteur automobile, qu’Acerta a planché sur la rédaction d’un cadre légal pour un système de mini-congés, ou plutôt microabsences. Un projet d’accord a été élaboré. Les partenaires sociaux vont maintenant devoir réfléchir à des règles spécifiques afin d’aboutir à une CCT.

Concrètement, comment s’absentera-t-on de façon courte et urgente? Sarah De Groof donne l’exemple d’un ouvrier qui aurait rendez-vous avec l’institutrice de sa fille à 15h, à un pâté de maison de son travail, alors qu’il doit prester un 10-18h. Il a juste besoin d’une petite heure… La nouvelle convention collective de travail lui permettrait de suspendre sa journée pendant une heure, sans apporter de justificatif mais en signalant son absence par écrit. Il sera payé durant cette heure en question. Mais il devra, un autre jour, prester une heure supplémentaire, sans rémunération. Cela est rendu possible par le système des heures supplémentaires volontaires de la loi Peeters.

Risque d’abus

Ce nouveau système concerne principalement le travail ouvrier. En effet, les employés disposent déjà de facilités, comme le télétravail.

Alors, tout le monde sera content avec ce nouveau système? Il y a bien sûr, et c’est la crainte des syndicats, le risque que les patrons abusent du système, renvoyant plus tôt l’employé à la maison s’il y a un manque de travail… pour lui faire prolonger sa journée à un moment plus chargé. Ce n’est pas le but du texte en préparation et "c’est pour cela qu’il faudra préciser que la microabsence doit être demandée par le travailleur", insiste Sarah De Groof.

Pour rappel, la Ligue des Familles a proposé récemment l’instauration d’un tel système, appelé alors "congé de conciliation"; preuve de l’intérêt… Dans le secteur automobile, le système de la microabsence devrait être effectif début 2020.

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