Alan, le trublion digital de l'assurance, débarque en Belgique

La start-up française est l’une des entreprises les plus prometteuses de l’Hexagone en matière d’assurance et d’e-santé. Après des levées de fonds impressionnantes, elle vise l’international avec, pour première cible, la Belgique.

Simplicité et digital, voilà les maîtres mots de la start-up qui veut révolutionner le secteur de l’assurance santé. Avec 37.500 assurés et 2.850 entreprises dans son giron sur le territoire français, Alan est en passe d’y arriver chez nos voisins français. Mais la réussite de la start-up parisienne passe par une expansion internationale et la première étape sur la route de leur réussite internationale se trouve chez nous: "Depuis la création d’Alan, notre ambition est de créer un champion européen, car la santé n’est pas une question de frontières. Le marché français est immense, mais cela a toujours été dans nos objectifs de rapidement nous étendre à l’international. La Belgique est l’un de nos deux premiers pays à l’international et nous sommes très excités à l’idée de nous y lancer. Notre ambition est de venir y offrir une alternative réelle aux offres existantes", explique Augustin Mine, qui est en charge de l’expansion internationale chez Alan.

Une assurance 100% digitale

Pour asseoir sa légitimité et se faire la main outre-Quiévrain, Alan a d’abord visé les entreprises et leurs employés.

L’alternative que propose la start-up est avant tout une expérience inhabituelle pour le futur assuré. Une inscription en 5 minutes, une couverture santé complète et accessible en deux clics via une application ou leur site, pas de paperasse, bref le combo gagnant de l’acteur digital qui vient donner un grand coup dans la fourmilière d’un secteur sclérosé par des années de courtage à l’ancienne. Pour asseoir sa légitimité et se faire la main outre-Quiévrain, Alan a d’abord visé les entreprises et leurs employés. Visiblement, la stratégie pour le marché belge n’est pas encore arrêtée, l’approche n’est pas encore précisée et "les produits exacts qui seront proposés restent à définir".

De la "fraîcheur" sur un marché figé?

L’arrivée sur le marché belge est prévue pour début 2020 avec énormément d’ambition. "Nous n’avons pas choisi la Belgique par hasard, ou par soi-disant simplicité due à la langue. Le marché de l’assurance santé privée en Belgique est marqué par de nombreuses différences avec la France, qui en font un marché très complexe mais dynamique et en forte croissance depuis quelques années. C’est un marché dominé par une poignée d’acteurs établis, autour de produits qui ont peu évolué, et nous sommes très excités à l’idée de pouvoir y apporter un peu de fraîcheur", explique Augustin Mine.

"C’est un marché dominé par des acteurs établis, autour de produits qui ont peu évolué."
Augustin Mine
Growth International chez Alan

Un marché spécifique et surtout historiquement très différent du marché français, comme le confirme François de Clippele, porte-parole d’Assuralia (l’union professionnelle des assureurs belges), à qui nous avons appris l’arrivée de la société française: "Le marché belge est un marché de courtage, ce qui n’est pas du tout le cas de la France. Cela représente une vraie difficulté pour un nouvel acteur." Alan ne pourra donc pas appliquer la même approche qu’à ses débuts en France. Son offre 100% digitale pourrait être compliquée à implanter sur notre territoire. Par contre, si le succès est au rendez-vous, "les acteurs historiques pourraient s’en inspirer car, on l’a vu à plusieurs reprises par le passé, le marché belge fonctionne souvent par mimétisme", explique François de Clippele.

Un investissement risqué

Pour une structure qui est encore une start-up, investir un marché étranger est toujours un risque, notamment financier. Augustin Mine nous confie d’ailleurs: "Au-delà d’un investissement financier évident et significatif, cela représente un effort collectif et donc du temps. C’est un investissement réel pour une entreprise de notre taille car les ressources dédiées à la Belgique auraient pu être allouées au marché français, où il nous reste encore énormément à faire."

Le risque se situe surtout au niveau de l’approche digitale, qui a fait la force d’Alan jusqu’ici. L’assuré belge n’a clairement pas encore le réflexe de s’assurer en ligne, encore moins quand il s’agit de sa santé. Des comportements qui devraient logiquement évoluer avec le temps comme pour les autres industries où le digital est venu redistribuer les cartes. La start-up compte aussi sur un marketing agressif et sur des réserves financières importantes. Avec deux levées de fonds de 40 millions d’euros chacune au cours des 18 derniers mois, elle peut voir venir.

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