Alibaba confirme que Liège sera son premier hub européen

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Liège a été désignée comme nouvelle plaque tournante en Europe du réseau mondial de Cainiao, la filiale logistique d’Alibaba. Le responsable d’Alibaba pour l’Europe, Terry von Bibra, le confirme: "Les premiers avions ont volé de Hangzhou à Liège."

Les projets du géant chinois de l’internet Alibaba de faire de Liège un point d’entrée logistique vers l’Europe sont maintenus. C’est ce qu’a déclaré Terry von Bibra, responsable pour l’Europe. "Nous avons déjà commencé", explique-t-il lorsqu’il est interrogé sur le statut du "projet Liège". Liège a été désignée – aux côtés de Hong Kong, Dubaï, Kuala Lumpur et Moscou – comme nouvelle plaque tournante du réseau mondial de Cainiao, la filiale logistique d’Alibaba. "Les premiers avions ont volé de Hangzhou à Liège à l’approche du 11/11", explique-t-il, faisant ici allusion à la fête annuelle des célibataires en Chine, une journée faste pour les ventes du géant internet.

Nous avons développé une collaboration poussée avec Liège.
Terry von Bibra
Responsable d’Alibaba pour l’Europe

En juillet dernier, le Premier ministre Charles Michel avait annoncé en grande pompe qu’Alibaba comptait ouvrir un grand centre de distribution dans la ville wallonne. Un mois plus tard, selon le quotidien néerlandais Financieele Dagblad, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte déroulait le tapis rouge à La Haye pour recevoir une délégation de la direction de l’entreprise chinoise. Parmi eux, aux côtés de von Bibra, le fondateur d’Alibaba en personne, l’emblématique Jack Ma. Mais aussi Ronald Palmer, en charge du Benelux. Le principal enjeu? Présenter les Pays-Bas comme étant un pays attrayant au sein du réseau logistique d’Alibaba en pleine expansion. "J’ai eu en effet le plaisir de rencontrer le Premier ministre néerlandais, mais je ne peux bien entendu rien dévoiler des discussions que nous avons menées avec les autorités néerlandaises", explique von Bibra.

Je pense que les retombées seront importantes. C'est la concrétisation de la stratégie de la région liégeoise autour de la logistique. Cela prend forme. La Région liégeoise investit, l'Etat belge suit. Cela peut se traduire par des milliers d'emplois.
Willy Demeyer
Bourgmestre de Liège

Le géant chinois de l’internet ne lésine pas sur les moyens pour développer son réseau logistique. Les différents hubs – dont l’objectif est de permettre la livraison en Chine des colis internationaux en 72 heures – se partageront près de 100 milliards de renminbis, soit 12,8 milliards d’euros. Mais après la déclaration de Michel, aucun commentaire n’était venu de Hangzhou où sont installées les sociétés Alibaba et Cainiao. À l’époque, la réaction officielle s’est limitée à "Liège est prise en considération", ce qui a relancé les spéculations sur le fait que les Pays-Bas avaient réussi à mettre le pied en travers de la porte, avec notamment un site à Maastricht, à proximité de l’aéroport, et à Weert.

©Alibaba

Terry Von Bibra (photo) essaie aujourd’hui de mettre fin à ces spéculations. Le choix de Liège est confirmé, explique-t-il, même s’il refuse d’indiquer quand la première pierre sera posée. "La question n’est pas de savoir si nous construisons ou non un bâtiment", explique le chef de l’Europe à propos de l’entrepôt, dont la surface devrait avoisiner les 380.000 m2. "Le plus important, c’est que nous avons développé une collaboration poussée avec Liège, même si l’extension d’Alibaba en Europe n’en restera pas là. Après quelque temps, nous examinerons la manière dont cela fonctionne. Et nous réfléchirons à l’opportunité de créer un deuxième ou un troisième centre. C’est un processus qui s’étendra sur plusieurs années."

Gestion indépendante

Avec 51% des actions, Alibaba est l’actionnaire majoritaire du fournisseur de services Cainiao. Mais la gestion indépendante de la filiale complique cependant les choses. "Beaucoup de discussions de ce type ont lieu directement entre les divisions logistiques et les partenaires impliqués", reconnaît von Bibra. Ce lundi soir, Cainiao n’a pu réagir à nos questions sur le statut de l’entrepôt liégeois.

Les centres de distribution doivent répondre à la demande sans cesse croissante de la classe moyenne chinoise pour des produits étrangers qu’elle commande via des plates-formes comme Tmall. En ce moment, cette classe moyenne compte près de 300 millions de Chinois, un chiffre qui devrait doubler au cours des cinq prochaines années. Von Bibra – un ancien d’Amazon, de Yahoo et du détaillant allemande Karstadt, et qui a rejoint l’entreprise chinoise en 2015 – indique qu’il se concentre surtout pour l’instant sur ce groupe cible, sur les marchés dont il a la responsabilité. "Notre spécialité, c’est de faciliter le commerce international. Nous voulons aider les marques européennes à toucher les consommateurs chinois."

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Mais cela va plus loin que la seule livraison de marchandises commandées sur les plates-formes de commerce en ligne. Alibaba ne ménage pas ses efforts pour convaincre les entreprises de s’inscrire sur la plate-forme de paiement Alipay. "Dans ce domaine, il y a encore beaucoup de pain sur la planche", explique von Bibra. "Nous voulons surtout permettre aux consommateurs chinois de payer sur un maximum de plates-formes de la même manière qu’en Chine. C’est ce que les clients demandent, et donc c’est ce que nous leur offrons."

Sur le marché européen, Alibaba sert essentiellement ses clients via Aliexpress. La majeure partie du chiffre d’affaires vient de la commercialisation de biens et de services à l’armée de consommateurs chinois. On peut se demander si suite à l’acquisition du géant de l’e-commerce du sud-est asiatique Lazada, von Bibra n’est pas à la recherche de "bonnes affaires" en Europe pour mieux équilibrer son entreprise. "C’est difficile à dire, jusqu’à ce qu’on se décide à le faire. En règle générale, nous considérons les acquisitions comme un bon moyen d’accéder à la technologie ou à des talents, ou une combinaison des deux. En toute honnêteté, nous sommes moins intéressés par l’augmentation de notre part de marché par ce biais."

Ces parts de marché, les Chinois essaient de les acquérir en Europe en déployant des services de cloud. L’entreprise a construit des centres de données, notamment à Londres et à Francfort. "Nous voulons offrir des services locaux aux entreprises locales. Dans ce domaine, nous en sommes encore au stade de la start-up, mais nous nous développons rapidement." Où et quand le prochain centre de données sera-t-il construit? "Qu’il s’agisse d’un centre pour des services de cloud, d’un hub logistique ou d’autre chose", explique Von Bibra, qui préfère rester vague, "la vraie question, c’est de savoir si ce que nous faisons nous permettra de continuer à nous développer."

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