Après cession des actifs à STS, Nethys a clos le chapitre "Bassin de Ivugha"

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L’exploitation de la centrale hydroélectrique des chutes d’Ivugha se poursuit au Congo, mais sans Nethys et les fondateurs belges. Nethys a absorbé la société belge devenue coquille vide, en vue de sa liquidation.

Cette fois, l’aventure est terminée. Le groupe Nethys vient d’écrire la dernière page de l’histoire d’Électricité du bassin de Ivugha (EBI), société créée en 2016 par sa filiale d’énergie renouvelable Elicio, par Pierre Meyers, Stéphane Moreau et Marc Beyens pour construire et exploiter une centrale hydroélectrique sur les chutes de l’Ivugha, près de la ville de Béni dans le Nord-Kivu (Congo).

Après avoir racheté 100% du capital d’EBI l’an dernier, Nethys a cédé l’activité au Congo en avril 2019, avant de préparer la liquidation de la société anonyme.

Après avoir racheté 100% du capital d’EBI l’an dernier, Nethys a cédé l’activité au Congo en avril 2019, avant de préparer la liquidation de la société anonyme. Elle a obtenu en juillet le feu vert de sa maison-mère, l’intercommunale Enodia, pour racheter les parts détenues par Elicio (25% du capital). Son conseil d’administration a ensuite décidé, début septembre, la fusion par absorption d’EBI, en vue de sa liquidation.

Entre-temps, l’activité d’électrification s’est poursuivie au Nord-Kivu, mais, forcément, plus avec les mêmes personnes. C’est la société STS (Société des techniques spéciales) qui a repris les actifs déployés là-bas par EBI. Cette entreprise d’origine belge établie au Congo et dirigée par Filip Vanhoutte était déjà le partenaire industriel d’EBI au lancement du projet il y a trois ans. Ils avaient fondé ensemble la joint-venture Électricité du Nord-Kivu qui avait obtenu auprès des autorités locales une concession de 30 ans pour exploiter, transporter et distribuer le courant produit par la centrale dans la région de Butembo et Béni.

Retour aux sources

Désormais, STS continuera à développer ce projet seul. Cette entreprise basée à Kinshasa et Lubumbashi est spécialisée dans l’électrification: elle propose ses services dans la production, le transport et la distribution électrique de haute, moyenne et basse tension ainsi que dans l’installation électrique dans les bâtiments.

Il s’agit en quelque sorte d’un retour aux sources pour STS, puisque ses dirigeants avaient convaincu au départ Pierre Meyers et Marc Beyens de lancer le projet "Ivugha". À l’époque, en 2016, l’ex-président du conseil de Nethys venait de vendre ses parts dans CMI (John Cockerill) et cherchait à diversifier ses investissements en private equity: il avait été séduit par l’idée d’alimenter en courant une région d’un million d’âmes au départ des chutes d’Ivugha. Stéphane Moreau et Elicio (Nethys) s’étaient ralliés ensuite au projet.

"Vu la polémique et les articles imbéciles dans la presse belge, on a revendu cela sans plus-value à Nethys."
Un ex-administrateur

Puis, une fois celui-ci dévoilé, certains médias en Belgique y avaient vu de potentiels conflits d’intérêts en raison de l’identité et des mandats des co-actionnaires dans EBI. Quand l’affaire Publifin/Nethys s’est emballée, le dossier EBI est devenu lourd à porter pour ses fondateurs. Tant et si bien qu’en 2018, devant la polémique ainsi créée, les trois actionnaires liégeois de la première heure, Meyers, Moreau et Beyens, ont décidé de s’en retirer. Échaudés, ils ont cédé toutes leurs parts à Nethys. Après quoi, le groupe a entrepris de négocier la vente des activités au Congo. "Vu la polémique et les articles imbéciles dans la presse belge, on a revendu cela sans plus-value à Nethys", commente un ex-administrateur.

Contacté au siège à Kinshasa, STS nous a confirmé qu’il avait repris celles-ci. Elles semblent s’inscrire parfaitement dans son portefeuille de projets. Quant à Nethys, le groupe a donc absorbé une sorte de coquille vide. Au 31 décembre 2018, la filiale avait pour 566.000 euros de fonds propres et pour 3,4 millions d’euros d’endettement, dont une large partie en interne (dettes vis-à-vis d’Elicio et de Nethys).

Prélude à la liquidation de la filiale, cette fusion-absorption devrait clore cette curieuse saga rédigée en marge de l’affaire Publifin/Nethys.

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