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Asit Biotech et son ancien CEO s'affrontent en justice

Thierry Legon, l'ancien CEO d'Asit Biotech, remercié en décembre 2018. ©Jonas Roosens

Asit Biotech et son ancien CEO, Thierry Legon, n'ont pas trouvé d'accord sur les indemnités de départ de ce dernier suite à son licenciement.

Asit Biotech et son ancien CEO, Thierry Legon, se sont retrouvés jeudi matin devant le tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles afin de s'expliquer sur les indemnités réclamées par Thierry Legon à la biotech à la suite de son éviction en décembre 2018. Ce dernier, défendu par Henri Culot et Olivier Mareschal (Prioux Culot & Partners), réclame aujourd'hui 865.000 euros.

Dans le courant du mois de décembre 2018, à l'occasion d'une assemblée des actonnaires d'Asit Biotech, Thierry Legon est démis de sa fonction d'administrateur. Et même si un communiqué de presse diffusé dans la foulée tient à remercier celui-ci, c'est une différence de stratégie qui amènera l'assemblée à prendre cette décision. Au début de l'année 2019, Thierry Legon sera également démis de son poste d'administrateur-délégué en charge de la gestion journalière de la société active, entre autres, dans le traitement par immunothérapie des allergènes aux pollens de graminées.

865.000
euros
Le montant réclamé par Thierry Legon à Asit Biotech, la société dont il a été le CEO avant d'être démis de ses fonctions en 2018.

Faute d'avoir pu trouver un accord, l'ancien CEO d'Asit Biotech a lancé une citation contre la société en réclamant les indemnités de rupture auxquelles il estime avoir droit. En prenant compte des rémunérations fixes et variables, le montant réclamé est de 865.000 euros, un montant non négligeable quand on sait qu'Asit Biotech a récemment dû passer par la case de la réorganisation judiciaire (PRJ).

Pour exiger ce montant, l'ancien CEO d'Asit Biotech estime que, sur base de contrat de prestation de services, il avait droit à une indemnité de deux ans de salaire, des sommes auxquelles il faut ajouter le volet variable de la rémunération ainsi qu'un volet lié à des droits d'auteurs tirés des brevets dont il était détenteur.

Lors de la plaidoirie qui s'est tenue jeudi matin, les avocats de Thierry Legon ont précisé qu'aucun reproche n'avait été adressé à leur client, soulignant que les actionnaires lui avaient octroyé la décharge concernant son poste d'administrateur.

"Une belle histoire"

"Thierry Legon n'était sans doute pas le meilleur gestionnaire pour la société."
Olivier Van Herstraeten
Avocat d'Asit Biotech

Au moment de la révocation de Thierry Legon, estimant qu'elle ne lui devait rien, la société lui a fait une proposition transactionnelle de 132.000 euros (correspondant à six mois de rémunération fixe) tout en lui permettant de garder 62.000 euros versés au titre de première tranche de rémunération fixe pour l'année 2019. Entre-temps, la société, face à l'échec de son produit-phare en phase III de son développement, a dû passer par la case réorganisation judiciaire (PRJ).

Là aussi, Thierry Legon a dû batailler pour faire inscrire sa créance au passif de la société. Après un premier essai manqué, il a réussi à faire inscrire une créance de 542.000 euros. La Région wallonne avait été en appel de cette PRJ et, dans un arrêt récent, la cour d'appel de Liège a rejeté l'appel de la Région wallonne. Si cette dernière ne va pas en cassation, Asit Biotech devrait payer ses créanciers en fonction du plan homologué.

"On vous a raconté une belle histoire", a entamé Olivier Van Herstraeten (Faber Inter Legal) qui, aux côtés de Serge Dufrene, défend les intérêts d'Asit Biotech. "Thierry Legon réclame 865.000 euros, un montant important quand on sait qu'en 2015 les fonds propres de la société étaient en négatif de 858.000 euros", a expliqué l'avocat qui a précisé que l'ancien CEO n'était sans doute pas le meilleur gestionnaire pour la société. Il a ensuite longuement été question du mode de calcul de la rémunération de Thierry Legon et de la façon dont la rémunération variable était attribuée. Les plaidoiries reprendront la semaine prochaine.

Le résumé

  • En décembre 2018, Thierry Legon était révoqué de son poste de CEO d'ASit Biotech.
  • Faute d'avoir pu trouver un accord sur le montant de ses indemnités de départ, Thierry Legon a cité Asit Biotech en justice.
  • La société, qui a entre-temps dû se mettre en PRJ, estime ne rien lui devoir.
  • Les débats ont porté sur la façon dont Thierry Legon était rémunéré.

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