Ballon d'oxygène en vue pour le commerce "non-essentiel"

Le déconfinement devrait être prudent et progressif. Les commerces ne seront pas rouverts à tous vents dès ce week-end. ©Photo News

Le comité de concertation devrait décider vendredi de relâcher quelque peu la bride sur les commerces non-essentiels. Reste à voir quelle sera la taille du ballon d'oxygène attendu.

Près de 34.000 commerces, jugés "non-essentiels" et contraints de garder portes closes, attendent avec anxiété le verdict du Comité de concertation de vendredi. Les représentants des gouvernements fédéral, régionaux et communautaires doivent aborder la question du maintien ou de l'assouplissement des mesures de "confinement renforcé" décidées le 30 octobre et prévues jusqu'au 13 décembre pour contrer la deuxième vague de la pandémie de Covid-19. 

Impossible, à ce stade, de formuler la moindre prédiction sur les décisions qui seront prises. Dans les différents exécutifs, on semble s'accorder sur l'idée d'une réouverture rapide, sans doute dès le 1er décembre, en tout cas pour les commerces. Sans doute pas pour l'horeca et les "métiers de contact"(coiffeurs, esthéticiennes...).

34.000
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Près de 34.000 commerces "non-essentiels" attendent avec anxiété le verdict du Comité de concertation de vendredi.

Mais il y a réouverture et réouverture: plusieurs scénarios sont sur la table, qui vont d'un accueil des clients sur rendez-vous à une réouverture généralisée, assortie de conditions strictes, en passant par un phasage dans le temps en fonction des types de commerces.

De quoi faire monter la tension au sein du gouvernement. Le ministre des Indépendants, David Clarinval (MR), ne fait pas mystère de sa volonté d'assouplir le dispositif en place. Mais dans d'autres cabinets, on freine des quatre fers et on refuse d'envisager le moindre scénario sans aval scientifique.

Lever les incertitudes

Le choix qui sera fait vendredi sera tributaire de l'avis des scientifiques. Qui attendent d'avoir une idée précise de l'impact de la rentrée scolaire du 16 novembre dernier sur l'évolution de la pandémie. Il faudra attendre ce mercredi ou ce jeudi pour y voir plus clair.

Bol.com, sous pression, arrête les promos

Bpost n'est pas le seul à être mis sous pression par l'explosion du nombre de colis à livrer. Pour soulager la pression sur ses centres de distribution, le site d'e-commerce bol.com, filiale d'Ahold Delhaize, a décidé de renoncer aux promotions autour du Singles' Day et du Black Friday, annonce Gondola, le spécialiste du secteur de la distribution.

Priorité sera donnée aux produits liés à la Saint-Nicolas et à Noël. "Nous voyons la pression s'accroître et avons dès lors décidé de ne plus organiser de promotions. Nous observons que l'impact est tout particulièrement important en Belgique, où les mesures sanitaires sont plus sévères, encourageant encore un peu plus le besoin de faire des achats en ligne. Et cette demande accrue des clients exerce une pression intense sur les circuits logistiques", explique Tamara Vlootman, porte-parole de bol.com.

Le site néerlandais a aussi décidé de ne plus placer la vente de livres en tête de sa liste de priorités. Certains titres pourraient dès lors être indisponibles. "Priorité sera accordée aux livres constituant des cadeaux recherchés", précise bol.com dans un courrier adressé aux éditeurs.

Du côté des indépendants, on réclame à tout le moins la levée rapide des incertitudes. "Nous souhaitons que l'on en revienne aussi vite que possible au système mis en place en été, avec une réouverture assortie de mesures sanitaires strictes (une personne par 10 m2, 30 minutes maximum en magasin...)", dit Thierry Evens, porte-parole de l'Union des classes moyennes (UCM).

L'échéance du 15 décembre est considérée comme une dernière limite. "Il restera neuf jours avant le réveillon, et comme les gens réveillonneront de toute manière, quelle que soit la forme autorisée, cela risque d'entraîner une ruée dans les magasins." L'alternative, ce serait de tout garder fermé jusqu'en janvier, mais dans ce cas, 83% des commerces risqueraient de disparaître, selon une enquête de l'UCM.

"Rouvrir le 14 décembre ne laisserait qu'un seul week-end avant les fêtes."
Christine Mattheuws
Présidente du SNI

Christine Mattheuws, la présidente du SNI (Syndicat neutre pour indépendants), table pour sa part sur une autorisation de vendre sur rendez-vous. Le plus tôt sera le mieux. "Rouvrir le 14 décembre ne laisserait qu'un seul week-end avant les fêtes. J'espère aussi que ce ne sera qu'une étape intermédiaire avant une réouverture pour la fin de l'année", précise-t-elle.

Neuf mois

Les indépendants ont beau jeu de souligner que les pays voisins, qui n'ont pas fermé leurs commerces ou s'apprêtent à les rouvrir (la France), attirent déjà le chaland belge sevré de shopping.

Fin novembre, cela fera neuf mois que le commerce se trouve pris dans la tempête. Les mesures d'aides (droit passerelle, chômage temporaire...) ont permis de limiter la casse. Mais l'avenir à moyen terme inquiète.

Pour les organisations de classes moyennes, un moratoire sur les faillites jusqu'au 31 janvier, c'est un peu court. "Avant de faire des calculs comptables, il faut avoir une vision d'avenir", dit Thierry Evens. Qui plaide pour une prolongation des aides en 2021, assortie d'une modulation liée à la perte réelle de chiffre d'affaires.

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