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Belfius veut convoler en justes noces avec Proximus

©Hollandse Hoogte

Le patron de la banque Belfius Marc Raisière a fait une offre de rapprochement à Proximus. Pour l’instant, l’opérateur télécom et sa CEO Dominique Leroy ne donnent pas suite…

Alors qu’il est engagé dans la dernière ligne droite d’un parcours devant le conduire à la mise en Bourse (partielle) de la banque Belfius, son CEO, Marc Raisière, a répété, lundi matin, qu’il avait fait "une offre de mariage" (sic) à la patronne de l’entreprise télécom Proximus .

Prononcés sur le ton de l’humour dans le cadre d’une conférence qu’il délivrait au B19 Business Club à Uccle, ces mots sont néanmoins assumés à "100%". "J’ai proposé, c’est vrai, à Dominique (Leroy) de marier nos deux entreprises, elle m’a opposé une fin de non-recevoir et a dit qu’elle n’était pas intéressée, mais je suis quelqu’un de patient, je ne suis pas du genre à me décourager facilement et à rendre les armes, je reviendrai donc à la charge", a indiqué Marc Raisière devant un parterre de chefs d’entreprise.

"J’ai proposé à Dominique Leroy de marier nos deux entreprises, elle a dit qu’elle n’était pas intéressée. Je reviendrai à la charge."
marc raisière
ceo de belfius

C’est que la banque, actuellement encore à 100% dans les mains de l’Etat, a pris le virage du digital à la vitesse de l’éclair. Chaque année, plusieurs dizaines de millions d’euros y sont investis si bien que Belfius et son environnement digital sont désormais reconnus bien au-delà des mondes de la banque et de l’assurance. "Il y a une vraie plus-value pour nous à nouer des synergies et des partenariats forts et stratégiques avec le monde des télécoms", décrit Marc Raisière. Qui ajoute que le chemin des banquiers vers le digital étant déjà fait, il est beaucoup plus réaliste que l’inverse – à savoir une entreprise de télécom qui se lancerait dans les métiers de la banque. "Cela m’apparaît compliqué pour eux de se lancer dans le bancaire", explique Marc Raisière. En France pourtant, l’opérateur télécom Orange se jette dans pareille aventure bancaire.

L’entrée en Bourse de Belfius (à maximum 49,9%) lui donnera en tout état de cause un accès aux marchés financiers dont elle n’avait pas encore les clés jusqu’ici. En clair, de l’argent est et sera disponible – il suffit de trouver les bons projets, rappelle-t-on chez Belfius.

Au management de décider

Des synergies entre Belfius et Proximus pourraient également être perçues d’un très bon œil par l’actionnaire public. La majorité de centre droit a toujours fait de la rationalisation des entreprises (semi) publiques un de ses chevaux de bataille. Il y a trois mois, dans une interview publiée dans nos colonnes, le vice-Premier ministre Didier Reynders (MR) avait même été un pas plus loin en suggérant de vendre tout ce que l’Etat actionnaire détenait encore dans Proximus.

Interrogée lundi sur les offres de mariage/synergies de son entreprise par Belfius, la CEO de Proximus, Dominique Leroy, préfère s’abstenir de tout commentaire. Tout juste indique-t-elle que "Proximus n’a pas l’intention de se lancer dans des produits bancaires".

De son côté, le vice-Premier ministre et ministre de tutelle des télécoms/digital Alexander De Croo (Open Vld) dit ne "rien avoir contre certaines synergies. Ce sont des entreprises publiques autonomes et il est clair que Belfius n’est pas une entreprise comme la SNCB, par exemple. Les cartes sont entre les mains du management pour ce genre de rapprochement. Si Belfius veut travailler avec Proximus de manière privilégiée, pourquoi pas? Mais c’est le management qui décide".



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