Bertrand Piccard (Solar Impulse) tient ses 1.000 solutions rentables pour un monde plus vert

L'ensemble des solutions est d'ores et déjà consultable publiquement sur le site de la Solar Impulse Foundation. ©PHOTOPQR/LE PARISIEN/MAXPPP

L'explorateur-psychiatre suisse a bouclé son recensement des bonnes pratiques écologiques. Place désormais à un tour du monde et à deux fonds pour les supporter.

L'émotion est grande après 4 ans et demi de travail. Le célèbre explorateur-psychiatre Bertrand Piccard vient de boucler son dernier périple, et a déniché 1.000 solutions propres et rentables pour remédier au changement climatique. "Ce qui est longtemps resté un but abstrait est désormais devenu quelque chose de concret", sourit l'intéressé.

"Ce qui est longtemps resté un but abstrait est désormais devenu quelque chose de concret."
Bertrand Piccard
Président de la fondation Solar Impulse

Un guide est à présent en cours d'élaboration afin de permettre de répondre de manière adaptée aux demandes de tout un chacun, qu'il soit industriel, institutionnel, élu local ou citoyen.

En attendant, l'ensemble des solutions est d'ores et déjà consultable publiquement sur le site de la Solar Impulse Foundation, du nom de l'avion qui permit au Suisse de réaliser le premier vol solaire autour du monde propulsé uniquement par le soleil sans carburant ni émissions polluantes.

Belgitude

Petit cocorico, l'on y retrouve plus d'une cinquantaine d'inventions belges, dont notamment la technologie de décontamination et de recyclage des déchets médicaux infectieux via la seule l'électricité de la PME montoise AMB Ecosteryl. Mais aussi l'offre de smartphones reconditionnés combinés aux accessoires écologiques et biodégradables du brabançon Back2Buzz. Ou encore le système de gestion de charge (lumière, air conditionné,…) pour le commerce du néo-louvaniste EnergyBox, permettant une réduction de la consommation de plusieurs dizaines de pourcents.

55
solutions belges
Des 1.000 solutions retenues, 55 sont belges.

Côté grands comptes, c'est Solvay, partenaire de longue date de Bertrand Piccard, qui truste le haut de l'affiche au sein du plat pays avec pas moins de douze solutions labellisées à son actif, dont AgRho, une technologie d'enrobage des semences favorisant l'absorption d'eau et de nutriments, ou encore SOLVAir, permettant de réduire les émissions des incinérateurs. "Ce qui nous offre une certaine visibilité vis-à-vis de l'extérieur, et même de nos clients", explique Nicolas Cudré-Mauroux, en charge de la recherche et l'innovation pour le groupe parmi les leaders mondiaux dans la chimie. "Mais nous permet aussi de découvrir de nouveaux acteurs qui pourraient éventuellement devenir des partenaires."

Air France, BNP Paribas, Deutsche Telekom, Engie, LVMH, Michelin ou encore Nestlé font aussi partie des sponsors de la fondation. La Région wallonne et la Ville de Bruxelles ont aussi apporté un soutien à l'initiative.

Le chemin se poursuit

Quid désormais? La route ne s'arrête pas là pour Bertrand Piccard. Que du contraire même, puisque l'homme reprendra bientôt son bâton de pèlerin dès que la situation sanitaire le permettra pour présenter ces pépites du durable à travers le monde.

En parallèle, deux fonds d'investissement vont aussi voir le jour pour supporter les solutions labellisées les plus prometteuses: d'une part, un véhicule de capital-risque de 150 millions d'euros viendra soutenir les jeunes pousses; d'autre part, un second sera lui doté de quelque 300 millions d'euros pour venir en soutien des entreprises plus matures dans leur fonctionnement. "On espère aboutir d'ici l'été", renseigne Bertrand Piccard.

"L'homme s'est comporté comme un prédateur ces cinquante dernières années. Il faut désormais apprendre à vivre de manière plus efficiente".
Bertrand Piccard

Après tout, même si l'urgence sanitaire s'est invitée dans l'actualité ces derniers temps, l'urgence climatique est toujours présente. Avec une réalité: l'homme "s'est comporté comme un prédateur ces cinquante dernières années". Résultat, il faut désormais "apprendre à vivre de manière plus efficiente, en évitant l'excès et le gaspillage". En ce sens, la pandémie par laquelle nous passons en tant que société "devrait être comprise comme une leçon d'humilité et un appel à changer de paradigme".

Le résumé

  • L'explorateur-psychiatre suisse a passé 4 ans et demi à répertorier les bonnes pratiques écologiques des entreprises.
  • Il en propose 1.000 à tout qui veut s'en servir.
  • Un guide va bientôt voir le jour, de même que deux fonds d'investissements pour les soutenir.

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