Claque boursière pour Atlantia, gestionnaire du pont de Gênes

©AFP

L'action du groupe italien Atlantia, gestionnaire de l'autoroute dont un viaduc s'est effondré mardi à Gênes, a bu la tasse en Bourse jeudi (-22%). L'ensemble des valeurs boursières du secteur ont été attaquées en Europe.

L'Etat italien a menacé de reprendre les concessions autoroutières, deux jours après l'effondrement du viaduc autoroutier à Gênes. Le bilan fait état de 38 morts, mais deux jours plus tard, les sauveteurs sont encore à pied d'oeuvre pour retrouver des survivants dans les décombres. Jeudi matin, la police n'a toutefois pas dit combien de personnes étaient encore portées disparues.

Atlantia dévisse, les concurrents européens dans le rouge

Atlantia , gestionnaire de l'autoroute et qui n'a pu coter jeudi à l'ouverture de la Bourse de Milan face au déluge d'ordres de vente, s'est inscrite en baisse de 22%. Les cours d'autres sociétés de péage telles que SIAS  et ASTM  ont également terminé en net repli.

26%
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Atlantia, qui n'a pu coter ce jeudi à l'ouverture de la Bourse de Milan face au déluge d'ordres de vente, s'inscrivait en baisse de 26% dans la matinée.

Toutes les valeurs associées au secteur autoroutier ont souffert en Europe, mais de manière moins spectaculaire qu'Atlantia toutefois. Par contagion, l'espagnol ACS , qui s'est associé à Atlantia pour avaler le groupe autoroutier Abertis, a reculé de 1,97%. L'allemand Hochtief , filiale d'ACS cotée sur le segment des valeurs moyennes à Francfort, a lâché 4,79%. Côté français, le groupe de BTP et de concessions autoroutières Eiffage  et son rival Vinci  ont respectivement perdu 0,42% et 0,27%.

Autostrade per l'Italia, filiale du groupe Atlantia, qui exploite l'autoroute, a déclaré avoir effectué des contrôles de sécurité réguliers et approfondis sur le viaduc long de 1,2 km, achevé en 1967 et rénové il y a deux ans. Le gouvernement italien estime néanmoins qu'Autostrade est responsable de la catastrophe et a menacé la société de lourdes amendes. Il exige aussi qu'elle contribue à la reconstruction du pont, bien que les enquêteurs n'aient pas encore identifié la cause exacte du drame.

Reprise de la concession

Le vice-Président du Conseil, Luigi Di Maio, issu du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, anti-système), a déclaré que l'Etat devrait songer à reprendre la gestion des autoroutes si les concessionnaires ne pouvaient pas faire leur travail correctement. "Il n'est pas possible d'acquitter un péage pour mourir", a déclaré Luigi Di Maio. "Ceux qui étaient supposés effectuer le travail de maintenance ne l'ont pas fait correctement. Ce pont aurait dû être fermé avant que cette tragédie ne se produise."

"Il n'est pas possible d'acquitter un péage pour mourir."
Luigi Di Maio

"Les profits que ces entreprises réalisent en tant que monopoles mettent en colère de nombreuses personnes (...). Il aurait fallu investir beaucoup d'argent dans la sécurité. Au lieu de cela, c'est allé dans les dividendes", a-t-il ajouté.

Atlantia a fait valoir que cette annonce avait été "faite en l'absence de toute contestation spécifique" et "de toute certitude sur les causes effectives" du drame.

Autostrade a déclaré avoir fait appel à des experts internationaux pour effectuer des tests et effectuer des inspections sur le viaduc et que ces contrôles avaient donné des résultats rassurants. "Ces résultats ont constitué la base des travaux de maintenance approuvés par le ministère des Transports conformément à la loi et aux termes de l'accord de concession", indique Autostrade.

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