nécrologie

Décès de Roger De Clerck, le magnat du tapis

Cet homme d'affaires flamand avait défrayé la chronique dans le cadre de l'affaire Beaulieu.

On a appris ce vendredi le décès du magnat du tapis Roger de Clerck, à l'âge de 91 ans.

Son nom avait été intimement lié à l'affaire Beaulieu qui défraie la chronique depuis les années 90. Retour sur cette saga.

  • Dallas de Flandres

Tout commence en 1959, lorsque Roger De Clerck achète ses deux premiers métiers à tisser. Il crée la société Ter Lembeek et se lance dans la fabrication de tapis plain bon marché.

Rebaptisée Beaulieu en 1967, la société se hisse rapidement parmi les géants européens du tapis. Elle pèsera jusqu'à 70 milliards de francs (1,7 milliard d'euros), grâce notamment au rachat d'entreprises en difficulté.

Les démêlés avec les autorités commencent ensuite. Tombée en faillite en 1982, Fabelta Zwijnaarde intègre le groupe Beaulieu, qui promet d'investir et de maintenir l'emploi en échange d'une aide de l'État de 725 millions de francs (18 millions d'euros). Au grand dam de la Commission européenne, qui estime que ces subsides sont contraires aux règles de concurrence.

En 1994, Beaulieu se verra contraint de rembourser l'équivalent de 25 millions d'euros à l'État. Entre-temps, le groupe a racheté l'entreprise verrière Verlipack, une autre diversification surprenante qui fera long feu.

La famille Beaulieu ©zie credit

À l'heure de prendre sa retraite en 1991, Roger De Clerck, soucieux d'éviter des problèmes de succession, partage le conglomérat entre ses six enfants: Jan, Luc, Francis, Mieke, Dominiek et Ann.

Le fisc a commencé l'année précédente à s'intéresser de plus près au groupe ouest-flandrien. L'enquête fiscale durera 15 ans et mettra au jour des faits de fraude pour un montant total qui sera évalué quinze ans plus tard à 400 millions d'euros.

La justice s'intéresse aussi à la famille De Clerck. En 1995, la disparition d'un ancien gérant d'agence amène les enquêteurs à Chypre, où celui-ci semble avoir fait fructifier l'équivalent de 22 millions d'euros confiés par Jan De Clerck et son épouse, Martine Vandeweghe. Arrêté en 1997, le banquier avoue. Les époux De Clerck se retrouvent en garde à vue, soupçonnés d'escroquerie, faux en écriture, blanchiment d'argent, fraude fiscale et association de malfaiteurs.

Jan De Clerck et son épouse se sont finalement acquittés d'une amende de quelque 55 millions d'euros. Au grand dam du reste de la famille, qui laissera en 2005 Domo sur le côté et fusionnera quatre des six sociétés issues de l'empire Beaulieu pour affronter la concurrence chinoise et turque.

D'autres dossiers troubles émailleront la saga Beaulieu-De Clerck. En 1986, Roger De Clerck est reconnu coupable d'évasion fiscale pour 37 millions d'euros. Et en 1992, un fait divers dramatique défrayera la chronique: l'enlèvement du petit Anthony De Clerck (11 ans), le fils de Jan, qui sera retrouvé vivant après paiement d'une rançon.

Tout cela n'empêche pas Roger De Clerck de soigner ses appétits de grandeur. Toute la Flandre occidentale a encore en mémoire la grande fiesta organisée en 1999 à Wielsbeke pour fêter les 75 ans du magnat. Parmi les invités figuraient quelques "amis", dûment rétribués, nommés George Bush et Margaret Thatcher. Pris par d'autres impératifs, Mikhail Gorbatchev avait dû se désister...

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