epinglé

Deux mille femmes déferlent dans les conseils d'administration

©Oomen, Arenda

Tout porte à croire qu'il y a assez de femmes disponibles pour siéger dans les conseils d'administration.

Une des raisons pour lesquelles on compte encore peu de femmes dans les conseils d’administration des entreprises tient au "vivier" de candidates, qui serait encore trop peu alimenté. La théorie qu’on nous sert habituellement est qu’il faut encourager les femmes à se préparer, se former aux fonctions d’administrateur/trice parce qu’il n’y en a pas suffisamment sur le marché. Le communiqué émis dimanche dernier par Spencer Stuart, un bureau international de recrutement de cadres et dirigeants qui dispose d’une antenne à Bruxelles, donne à penser qu’il s’agit peut-être d’une mauvaise raison…

Continuer d’alléguer un manque de candidates relève de la malhonnêteté intellectuelle.

Attention, tel n’est pas le sujet du communiqué. Spencer Stuart y annonce fièrement qu’il a déjà aidé à recruter à ce jour 2.000 femmes administratrices. Un sacré "milestone", que le bureau entend fêter en lançant cette année une série d’initiatives (événements, enquêtes…) sur le thème de la diversité dans les conseils d’administration. Mais le plus intéressant, ce sont les quelques statistiques qu’il cite à l’appui de son message. On y apprend en effet que sur les cinq dernières années, 35% des sièges d’administrateur qu’il a aidé à attribuer ont été octroyés à des femmes. L’an dernier, il a fait mieux, avec un score à 40% féminin. Dans le détail: il a fait nommer des représentantes du sexe faible dans 47% des cas aux Etats-Unis, dans 44% des cas en Asie-Pacifique et dans 35% des cas en Europe. L’accélération lui a permis de doubler ces six dernières années le nombre de femmes qu’il a fait élire aux conseils, pour passer de 1.000 à 2.000 au total.

Cela donne à penser qu’aujourd’hui, la population des candidates à ces postes est beaucoup plus dense qu’il y a dix ou vingt ans. Et que par conséquent, continuer d’alléguer un manque de candidates pour justifier une moindre diversité par le genre relève de la malhonnêteté intellectuelle. L’alibi a vécu…

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés