Dividende au plus bas en dix ans pour GBL

Dans une volonté de gestion saine, Ian Gallienne, CEO, souhaite conserver plus d'argent dans le holding en vue d'accélérer la croissance. ©Frédéric Pauwels / HUMA

De 3,15 cette année à 2,5 euros par action en 2021. Loin d'être épargné par le coronavirus, le holding des Frère-Desmarais revoit significativement sa politique dividendaire pour se permettre de croître.

Crise du coronavirus oblige, le holding des familles Frère et Desmarais a dû se résigner. De 3,15 euros par action l'an dernier, le dividende 2021, au titre de l'exercice 2020, sera raboté à 2,5 euros, a fait savoir GBL ce jeudi en soirée. Un niveau plancher qui n'avait plus été atteint… depuis 2010.

Objectif? Gagner en flexibilité, en conservant des ressources financières supplémentaires bienvenues dans un contexte d'incertitude et de manque de visibilité global.

En ce sens, à compter de l’exercice 2021, le ratio de distribution de dividendes ordinaires sera d'ailleurs même fixé entre 75% et 100% des cash earnings. Histoire que le holding ne soit plus amené, comme cela a parfois été le cas, à devoir dépenser plus que ce qu'il ne génère, et puisse, plutôt, se concentrer à faire croître son portefeuille.

"Cela peut en décevoir certains, mais cela permettra aussi de lever les incertitudes."
Ian Gallienne
CEO de GBL

"Alors je ne vais pas tourner autour du pot, cela peut en décevoir certains, oui. Mais cela permettra aussi de lever les incertitudes", a expliqué Ian Gallienne, CEO de GBL. Car, au moins, maintenant, la donne est connue. Et gravée dans le marbre – du moins, sous réserve d'approbation par l'assemblée générale.

Exceptionnels possibles

Pour autant, le holding dit d'ores et déjà se réserver la "possibilité de considérer à l’avenir des dividendes exceptionnels lorsque et si cela est jugé approprié".

Mais avec des chiffres pour l'heure pas épargnés – avec un résultat net consolidé en baisse de 5,1 % à 385 millions euros par rapport au premier semestre l'an dernier et des cash earnings en recul de 12,8% en raison de la suspension partielle ou totale des dividendes de plusieurs de ses sociétés en portefeuille –, et une crise économique "qui n'est pas encore là mais qui n'empêche qu'il est possible que nous ayons pas mal d'années compliquées devant nous", rien n'est moins sûr. L'option sera à évaluer le moment venu.

Demi-milliard investi en crise

En attendant, les équipes, elles, s'activent en coulisse pour trouver les brillantes pépites qui doperont la croissance en cette période sombre. Avec des efforts de taille, même. En effet, pour 331 millions d'euros ont été investis "dans des actifs non disclosés (surtout avec une fibre digitale, dans la santé et la nutrition, entend-on) présentant de solides fondamentaux à long terme (…). Et ce, "au cours du premier semestre, et tout particulièrement au cours du second trimestre pendant lequel nous avons profité de la correction de marché", a fait savoir GBL.

Quand, de son côté, Sienna Capital, la plateforme d'investissements alternatifs du holding, a pris de nouveaux engagements pour un montant global de 475 millions d'euros et investi pour 215 millions sur la période.

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